Flaneries Istanbuliennes
Mater LES photos qui vont bien...
Et bien salut à vous, famille, amis et inconnus, travailleurs et voyageurs ...
Voilà déjà une petite semaine que je suis à Istanbul, et je ne désenchante pas. Vous avez déjà pu constater mon émotion lors de mon arrivée, et bien je persiste et signe : cette ville est proprement incroyable, et difficile à imaginer pour qui n'a jamais eu la chance d'y mettre les pieds, quelles que soient les descriptions qui peuvent en être faites. Ce matin j'ai reçu un mail de ma chère petite soeur Claire, 11 ans, qui me conseille de m'acheter une paire de lunettes pour éviter de m'user les yeux à force de voir tant de merveilles... Et bien c'est à peu près ça. Je pense avoir marché au moins 100 Km à force de déambuler dans ces petites ruelles, les yeux en l'air. À vrai dire, pour le moment je n'ai pas trop fait de visites touristiques, parce que d'une part, c'est relativement cher, d'autre part, lorsque je quitte mon hôtel le matin je n'ai d'autre envie que de me perdre dans le dédale des rues, des passages. A heures fixes, les imams appellent à la prière, et leurs chants se répandent et se répondent harmonieusement à travers toute la ville, ne laissant personne indifférent, pas même les étrangers, surtout pas moi.
Et, bien que vous sachiez la distance que je puisse avoir avec le fait religieux d'une manière générale, à chaque fois que flotte dans l'air cet appel au recueillement, je me sens transpercé par la voix et parcouru de frissons. Je m'arrête d'exister pour un instant et, à ma manière, me recueille. Lorsque le chant s'éteint, c'est animé d'une paix formidable, que je reprends ma marche insensée.
Hier, alors que je nous nous promenions avec mes petites Maxime et Romane, nos pas nous ont conduits sur le port de Sultanamet, là où se rejoignent la Corne d'Or, la mer de Marmara, et le Bosphore, bras de mer d'à peine un kilomètre de large. Nous étant acquittés de la modique somme de 0,75 euro, nous grimpons à bord d'un des nombreux bateaux bus, qui, quelques minutes plus tard, se joint au monumental trafic maritime du détroit, qui a l'air parfaitement anarchique (très impressionnant, ce tout petit kilomètre de mer chargé d'embarcation de toutes tailles et de tous types, énormes cargos rouillés, petits bateaux de pêche à moteur, yachts à touristes, et innombrables bateaux bus qui se croisent et se contournent comme pour former une chorégraphie des plus gracieuses) mais qui ne doit pas l'être tant que ça, étant donné qu'il n'y a apparemment jamais d'accident.
Le temps est magnifique et très froid, l'air marin me fouette le visage. Je ne peux m'empêcher de penser que cette traversée de quinze minutes me conduit tout droit... en Asie.
Et oui, de l'autre coté du détroit, c'est l'immense continent. Bien sûr, tout cela est parfaitement symbolique, mais l'émotion est très grande. Pour la première fois, je foule le plus grand des continents. Je prends mon temps pour quitter le bateau, et, toujours accompagné de mes deux amies, nous laissons passer la marée humaine de turcs avant de descendre de l'embarcation.
De ce coté du Bosphore, Istanbul a un autre visage. Beaucoup moins touristique, peut-être plus authentique, je n'en sais rien. Il y a beaucoup moins de monde, les rues sont bien plus silencieuses, sans doute car les marchands de tout et n'importe quoi (de l'autre coté, le même jour, je suis resté dubitatif devant un étalage qui proposait à qui voulait deux brosses à dent, une tronçonneuse, des loupes, des ballons de baudruche et un robinet-mélangeur...) sont beaucoup plus discrets. Je constate aussi que les cafés ne proposent pas d'alcool, peut-être avantageusement remplacé par des pâtisseries arabes qui n'ont pas que l'air d'être délicieuses.
Je l'ai déjà dit, la plupart des Turcs que je rencontre sont d'une gentillesse et d'une attention à laquelle nous, occidentaux, ne sommes guère habitués.
Oh, bien sur, il y a le côté marchand de la chose... :
Devant toutes les boutiques et tous les restaurants, il y a des "rabatteurs", qui vous garantissent qu'ils nous feront des special prices only for us because we are different of the other tourists... (À ce sujet, j'ai discuté avec une anglaise qui m'a bien fait marrer en m'expliquant qu'elle ne connaissait qu'une seule phrase de turc qui signifie grosso-modo "non merci monsieur, j'ai déjà acheté cinq tapis"! ) Bon. Le grand bazar par exemple est un lieu où il faut vraiment savoir prendre son temps. Ici, tout et surtout n'importe quoi est à vendre.
Ça crie dans tous les sens, et si vous choisissez d'ignorer les marchands qui s'adressent à vous, soyez bien surs que ceux-ci vont vous poursuivre et vous tirer par le bras ! Le grand bazar est la seule déception que j'ai rencontrée a Istanbul. Un piège a touristes, même pas typique, genre de centre commercial où la grande majorité des articles sont de la bonne grosse camelote. J'y ai quand même acheté un jeu d'échec de voyage en bois, hand made, qui était affiché à 55 livres et que j'ai eu à 18. Et puis, les autochtones sont également, pour nombre d'entre eux de grands dragueurs, et étant donné que je me balade continuellement avec deux so pretty french girls, you know ? Nous avons beau être le plus souvent Maxime et moi bras-dessus bras-dessous, rien n'y fait... Et puis, à côté de ça, il y a ceux qui sont parfaitement désintéressés, simplement animés d'une curiosité et d'une gentillesse extrême.
Par exemple, un soir au restaurant nous sommes devenus amis avec deux des serveurs, Jack et Haci Souci. Nous avons discuté toute la soirée, et ils nous ont discounté une bonne partie du dîner. Ensuite, nous avons pris un taxi, et il n'y a pas eu moyen de payer !! Très gêné, j'essaye d'expliquer à Jack de la manière la moins grossiere possible que je gagne sans doute dix fois plus d'argent que lui, et que pour moi les trois euros du taxi sont une somme ridicule. Rien n'y fait... Ils nous posent des milliards de questions, veulent nous emmener dans les meilleurs endroits. En l'occurrence ce sera un vrai bar turc, avec les coussins et les tables basses, narghilés, ambiance orientale. Quelqu'un joue de la guitare. Je repère un vieux Piano, et bien qu'il soit parfaitement désaccordé, nous passerons une bonne heure à improviser et nous marrer, et là encore, je me fait payer des litres de bière, impossible de payer... Une autre fois, alors que nous visitions une petite boutique de bijoux, tissus, tapis, le patron de la boutique insiste pour nous offrir le thé. Il ferme la boutique, et la conversation ne s'arrête plus. A un moment, il y a une coupure d'électricité générale, ce qui arrive pour le moins régulièrement, et le cher homme allume une lampe à pétrole, qu'il pose au milieu de la table hexagonale. Le moment est émouvant. Ensuite, il prend une flûte assez étrange, sans bec ou embouchure et se met à nous jouer un air. J'essayerai pendant une demi-heure de tirer quelque chose de ce tube percé, en vain...
Je me rappelle également une fois où je n'avais pas de monnaie, je rentre dans une boutique de photos pour en faire. Malheureusement, il ne peut pas ; il me dit de venir avec lui, et va dans la boutique à côté. Point non plus. Le monsieur ainsi que son autre pote commerçant disent de le suivre dans une troisième boutique... Enfin j'ai mon change... Je trouve çà incroyable ! Tout simplement inimaginable en France. Et tout ce qu'ils demandent en échange c'est Where do you come from, do you enjoy Istanbul, etc...
Hier en allant chercher mes photos, le vendeur me demande ce que je fais à Istanbul, je lui raconte un peu mon voyage, et sors de mon portefeuille la petite carte de l'Eurasie que j'ai toujours sur moi, pour lui montrer un peu mon périple. Il se trouve que le gus est passionné d'histoire, et me raconte, une bonne demi-heure durant, Attila, Gengis khan, la Perse... Alors que je suis arrivé au moment où il fermait la boutique!
Et même, plus simplement dans la rue, si par hasard mon regard se pose sur un visage, immanquablement le propriétaire de ce visage va esquisser un sourire, venir à moi pour me parler. Si je cherche un endroit, il n'hésitera pas à prendre une demi-heure de son temps pour me conduire à bon port.
Pour finir, je vais vous parler un peu de mon Guest house. Surtout que, étant donné la bonne volonté du consulat Iranien, je vais sans doute y rester encore un petit moment (heures d'ouverture : 10h00-11h30, fermé la plupart des jours ouvrables...). Enfin aujourd'hui, j'ai obtenu le formulaire permettant d'obtenir un visa, après avoir patienté sur un banc pendant une heure alors que les deux guichets étaient libres, alors je ne désespère pas...). L'avantage de squatter les hôtels les moins chers (7 euros la nuit, ramenés à 5 après discount), c'est que l'on rencontre plein de gens marrants qui voyagent avec pas grand chose et sont pour le moins détachés de la notion de confort.
Je citerai un couple voyageant avec en tout et pour tout cinq euros par jour, en stop, faisant à la fois un pèlerinage et un reportage sur l'hospitalité en Europe orientale ; un belge d'une soixantaine d'année qui arrive de chez lui en vélo, qui va jusqu'en Syrie, et qui dormait dans le même dortoir (12 beds) que moi, avec son pote punk-russe rencontré sur la route; un hollandais travaillant dans un coffe-chop accompagné de son pote illuminé (mais très gentil) qui lit la bible à longueur de journées.
Des Japonais, des Français, des Anglais... Des terriens comme moi, quoi !
Le staff est très amical, tout le monde s'appelle my friend, et la plupart d'entre eux dorment aussi dans les dormatories. Le soir, il y a des turcs qui viennent au bar de l'hôtel, ce sont bien sûr ceux-là mêmes qui sont si curieux de voir à quoi ressemblent ces occidentaux qui viennent se perdre dans un pays au niveau de vie moins élevé, et essayer de comprendre à tout prix pourquoi. Cela donne évidemment lieu à des discussions passionnées, si enrichissantes pour les uns et pour les autres. Et puis c'est dans cet Istanbul Hostel que j'ai rencontré les trois compères : Gérôme, Romane et Maxime... Gérôme nous a déjà quittés pour la Syrie, après que nous ayons passé ensemble des moments mémorables... Quant à Maxime la brune et Romane la blonde, deux étudiantes françaises de vingt ans amies de longue date, elles n'arrêtent pas de s'émerveiller sur cette ville, et participent clairement a l'économie locale en temps que consommatrices de tissus, bijoux, babioles...
Et bien voilà, en gros, mon aventure à Istanbul. Dans trois jours, les filles rentrent en France, et je pense que moi je continuerai mon voyage, direction la Cappadoce. D'ici là, je vais peut-être faire un peu de Culturel, visites de musées, mosquées, photos. Histoire d'être en mesure de vous raconter quelques trucs un peu plus concrets sur cette ville et ce pays !
Ciao les terriens !
Publié à 08:31, le mercredi 7 février 2007, Bosphore Mots clefs : visa irannien
Les photos
23:08, mercredi 7 février 2007
.. Publié par Mam' la vraie
Alors là, oui! les photos sont à voir; parfait le lien sur "Mater ..."
Plus lumineuses que les premiéres, je suppose que tu as réussi à régler ton "very-old appareil".
Continues!
Un coucou de Toulouse
21:25, jeudi 8 février 2007
.. Publié par Nicole et marcel
Te suivre,assis dans notre fauteuil....non, ce n'est pas un vrai voyage mais nous t'accompagnons dans ton vrai voyage et même,nous le vivons car en ce moment tu es ébloui par Istanbul et nous sommes complétement d'accord avec toi.Nous sommes partis avec mamie en Turquie en 1988.Le pays s'ouvrait au tourisme bien qu'encore très militarisé:accueil impréssionnant avec auto-mitrailleuse à l'aéroport puis,nous sommes allés de merveilles en merveilles dans ce pays,la visite d'Istanbul, notre séjour en cappadoce, le plateau d'anatolie au mois d'avril,les labours avec le cheval et le soc comme au temps biblique,éphèse....nous te laissons à ton ravissement.Et bien sûr, cette gentillesse qui te touche tant malgré une grande pauvreté de certaines contrées, ces volées d'enfants qui nous tombaient dessus pour nous cirer les chaussures,même les chaussures en toile de mamie! mais jamais n'ont quemandé de l'argent ou autre babiole... suite au prochain commentaire
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