Extreme Tehran !
Et bien Salem, salut, what's up ? Tout va bien la vie est belle ? C'est vrai, c'est vrai, ça fait un tout petit peu de temps que je ne vous ai pas donné de nouvelles, mais c'est pour vous habituer : Je ne compte pas poursuivre éternellement ce voyage à travers les grandes villes, avec café-net et toutes les commodités de la vie moderne... Sinon je serais resté à Paris à faire rouler des trains, et mon ADSL 8MB à Barbes, c'est bien plus rapide... Et puis, ça a du bon la patience : Si j'avais écrit trop tôt sur Téhéran, je n'aurais fait que critiquer, évoquer seulement les très mauvais côtés. Par la suite, avec du temps et en rencontrant les bonnes personnes, j'ai pu me rendre compte que cette ville a également son côté un peu magique...
Il faut dire que dès mon arrivée, la couleur était annoncée... Un immense tableau lumineux, juste à la sortie de la gare annonce, polluant par polluant, leur concentration dans l'atmosphère... Plutôt effrayant, comme accueil... Néanmoins il est 6h du matin, donc l'air est encore tout à fait respirable. Le soleil se lève et tire dans ce réveil un drap aux dégradés de couleurs de l'orange au rose, et au pourpre C'est vraiment magnifique, il n'y pas un nuage dans le ciel, et les couleurs du ciel ne sont pas encore cachées par le voile gris qui va tout endeuiller dans une heure à peine. Pour ne pas reproduire mes maladresses administratives d'Istanbul, je décide de sauter dans un taxi pour filer directement à l'ambassade de France, me faire faire une lettre de recommandation pour l'obtention de mon visa pakistanais. Le taxi se dirige vers le nord de la ville, et entre les buildings j'aperçois pour la première (et pratiquement la dernière aussi) fois les énormes montagnes, recouvertes d'un manteau neigeux qui semble très épais, nulle part on ne voit la moindre trace grise de terre ou de roche. Les couleurs du lever du soleil se reflètent sur les flancs Est du massif, c'est tout simplement sublime, je suis hypnotisé. A cette heure-ci je n'ai pas encore conscience de l'immensité de cette cite. Pour moi c'est encore "juste" une grande ville, peut-être un petit peu plus petit que Paris ? ... Le taxi roule une bonne demi-heure, plein nord. Je regarde le petit plan que j'ai et constate que cette distance représente un tout petit centimètre sur la carte ! Le trafic se fait plus dense, et mon chauffeur plus audacieux. Il n'est que 6 heures et demi, et déjà les chaussées commencent à s'encombrer de vielles bagnoles et de motos, que chevauchent d'intrépides pilotes sans casques. Le chauffeur me dépose devant l'ambassade où un gentil gendarme bien français m'indique que j'ai trois heures d'avance... Trois heures à tuer. Tout est ferme, si bien que je me demande où peuvent bien se rendre tous ces véhicules. Aux alentours de sept heures, le trafic est déjà insensé, le concert de klaxons ininterrompu, et l'air difficilement respirable. Je suis toujours dans la rue, tout est toujours fermé, mon pied me fait souffrir, je me trouve un coin peinard pour me crémer ce panard endolori. Je suis toujours dans la rue, tout est toujours ferme, il est maintenant huit heures... Et là, je navigue en plein cauchemar... Vous vous rappelez quand je vous ai parlé des embouteillages et de la pollution d'Ankara ? Ah, ah, ah... Ou plutôt : AH ! AH! AH!!! Mais Ankara à côté de ça, c'est un petit coin de campagne et d'air pur ! Je cherche des yeux, pour me rassurer un peu, les montagnes si belles. Disparues. Je jete mon regard plus haut, histoire de me refugier dans le bleu du ciel. Disparu, le ciel. A la place, un gros nuage gris parfaitement opaque. Je n'ai d'autres choix que d'affronter cette monstrueuse réalité faite de moteurs à combustions, de chauffards pressés et de piétons indisciplinés. Nombre de gens portent un truc sur le museau, genre masque à gaz vous voyez ? Alors qu'à Paris je les trouve parfaitement ridicules, subitement je les jalouse énormément... Et puis, la conduite Teherane est proprement anarchique. Les feux rouges et les sens interdits sont plus à prendre comme de bons conseils d'amis que comme des messages à caractère impératif. D'ailleurs, la plupart des conducteurs ne se gênent absolument pas pour en griller un p'tit au nez et à la barbe (bien fournie) des policemen. Et les traversées de piétons ! En gros un piéton ou un véhicule c'est exactement pareil. Aucune voiture ne va s'arrêter pour en laisser passer un. Non, il faut s'insérer entre les files de guimbardes, qui vont chercher à vous contourner au même titre qu'un vieux déchet qui encombrerait la chaussée. Croyez-moi, j'ai observé les gens traverser une bonne demi-heure avant de me lancer, et cette première fois fut réellement éprouvante. Enfin, je n'allais tout de même pas prendre un taxi pour rejoindre l'autre rive de ce fleuve de bagnoles ! Finalement, une fois que l'on en a prit l'habitude, ça devient plutôt amusant, de zigzaguer entre les voitures, les forcer à ralentir ou a vous contourner. Et surtout très pratique : Pas besoin de faire 300 m pour trouver un passage clouté ! De la petite rue à l'autoroute urbaine, pas de problème : le plus dur est de se lancer. Tout petit point positif au milieu de cette jungle urbaine empoisonnée au CO2 : En Iran la plupart des voitures de particuliers font office de taxis. Aux carrefours majeurs, les gens s'agglutinent, la plupart des voitures ralentissent, vitres baissées. Chacun crie sa destination. Si une voiture s'y rend, hop ! un petit coup de klaxon, et c'est parti ! Nombre de voitures se remplissent complètement à chaque grand carrefour, pour se décharger au suivant et se remplir de nouveau. C'est très sympa, convivial, et surtout extrêmement bon marché. En gros, les Iraniens sont les grands champions du co-voiturage, qu'ils pratiquent évidemment par nécessité économique plus que par conviction écologique ! A l'ambassade de France, je retrouve la célébrissime lenteur caractéristique de l'administration française... ça papote, ça prend le café, ça râle, ça rigole, ça se maquille, ça joue au solitaire, et surtout ça m'ignore, moi qui patiente dans la salle d'attente (car sans doute je represente a leur yeux une quantite de travail ouille !!)Pas de doute, je me sens comme à la maison ! ça respire l'inefficacité relative ! Amis de l'administratif I apologize but voyez-vous, je suis un tout petit peu fâché. Deux jours pour obtenir une lettre, qui plus est erronée, et qui aurait pu être faite en cinq minutes chrono, je le sais ça se fait ailleurs. Enfin bref, c'est quand même marrant ces ambassades, c'est comme un p’tit bout de la France, y'a comme une odeur de paperasse bien familière, on se sent vraiment au bled ! Si à un moment de mon voyage j'ai vraiment la nostalgie franchouillarde, je viendrai faire la sieste dans une salle d'attente d'ambassade tricolore. Enfin bref, je dois reconnaître que tout ceci n'est rien compare à la catastrophique désorganisation de l'ambassade indienne, et l'ultime manque de courtoisie de celle Pakistanaise. C'est mon premier jour à Téhéran, je cours à toutes les administrations, j'ai un sac de 20kg sur le dos, et je m'empoisonne gentiment... J'ai prévenu Reza de l'hospitallity-club que j'arrivais ce soir là, il m'a indiqué un train pour Karaj, et fourni son numéro de téléphone... Je me rends à la station de métro la plus proche (une demi-heure de marche), et là je me plante au milieu, et j'imite a la perfection le gars paume... Je compte bien me faire assister gentiment, comme un pauvre foreigner égaré, vous voyez ? ça ne manque pas, tout se déroule comme prévu, depuis le type qui me guide pour acheter un ticket, qui passe le relais à un autre gentil Iranien qui monte dans le bon train... Vu que c'est bondé deux personnes descendent pour laisser la place à ... mon sac à dos. Là, un autre mec qui prend la même correspondance que moi me prend en charge, appelle mon ami Reza depuis son portable... Et puis c'est l'arrivée à Karaj. Cette ville est l'extrémité ouest de la mégalopole Téhéran. On y respire un tout petit peu mieux, l'horizon est un poil plus dégagé. Là je suis immédiatement repéré comme touriste avec mon sweet orange à capuche orange, mon énorme sac orangeet mes chaussures glacieres oranges... A la sortie de la gare il y a des gens, sans doute pas des plus fortunés, qui vendent des fruits secs ou bien s'improvisent chauffeurs de taxi avec leurs voitures personnelles. Quel accueil, mes amis ! Evidemment, j'ai droit à toutes sortes de fruits, confits et gratuits. Ils souhaitent tous que j'utilise LEUR téléphone, pour rappeler mon ami Reza, et veulent tous leur photo avec ma pomme a leur côté ! Je suis une nouvelle fois l'attraction du jour, cela finira par me rendre encore plus égocentrique que je ne le suis déjà ! Un cahier tombe de mon sac, et là c'est la grosse cohue, ils se ruent dessus, je crains pour sa santé... Il ne s'agit pas de le voler ; bien au contraire, c'est pour être celui qui va me le rendre qu'ils se disputent... J'ai un peu honte, j'essaye de faire en sorte que tous ces braves gens se comportent le plus dignement possible, car j'ai la nette impression qu'ils sont prêts à faire n'importe quoi pour que je m'intéresse à eux. Heureusement, je vois une veste colorée et des chaussures de montagne qui s'approchent. Ce doit être lui. C'est lui. Reza, que j'ai rencontré sur Hospitality-club, mais que je n'ai jamais vu... En trois coups de volants on est chez lui en train de manger des pizzas fast-food, nickel. Reza, c'est plutôt le mec accueillant et pas compliqué, du genre this house is your home, tu peux étaler ton bordel un peu partout I don't mind about this... Moi, vous me connaissez ? ça me va plutôt pas mal. On passera la soirée à papoter gentiment, on ne se couche pas tard parce que monsieur est ingénieur aérospatial, et ses heures de travail sont de 7h du mat à 6h du soir, un seul jour de repos par semaine... Le lendemain à Téhéran, que je rejoins grâce au train de banlieue, c'est vraiment infecte, je n'ai même pas envie de vous raconter ça, que ça pourrait bien vous rendre malade a votre tour. En gros j'embassade de nouveau à tout va, je marche beaucoup, je me teste un petit tour de moto-taxi histoire de s'offrir quelques sensations fortes (oh yearh...), et je sens comme une boule qui se forme progressivement sous mon crâne, et qui grossit, jusqu'à ce que la douleur devienne vraiment intense, puis intolérable. Je n'ai pas d'aspirine à disposition. Je me réfugie (un peu bêtement) dans un internet-café, mais rassurez-vous : je n'allume même pas l'ordinateur, je me prends la tête dans les mains et au bout d'une heure, peut-être, je m'endors. Le café-net owner me réveille d'une secousse, je jette un coup d'oeil à ma montre. Flûte et reflûte ! D'une je devrais deja être chez Reza ; de deux mon mal de tête a clairement empiré, le réveil est atroce ... Je parviens tout de même chez mon hote, qui était très inquiet pour moi, je lui raconte mes mésaventures. Il connaît le topo, cela arrive à la plupart des touristes lors de leurs premiers jours à Téhéran : Vieux moteurs à la combustion plus qu'approximative et atmosphère charge en monoxyde de carbone, lorsqu'on n’est pas habitué le résultat est sans appel : migraine extrêmement douloureuse. Deux grammes d'aspirine auront finalement raison de ces maux en une demi-heure. Reza est contrarié car il voulait me faire une surprise : Un autre membre de HC (once and for all Hospitality club) passionné de ski et habitant au centre de Téhéran accepte de m'héberger, et sans doute irons-nous skier ensemble ! Youpi !! ça pour de la surprise,ça vaut son pesant de neige poudreuse... Et en plus parait-il, il héberge actuellement un français, qui quitte le pays le lendemain. Mais j'arrive trop tard because of my sieste de l'après-midi, donc je ne rencontrerai Merdhad que le lendemain, et croiserai peut-être ce français pour le petit déjeuner ? Le lendemain puisqu'on en parle, Reza m'a commandé un taxi pour me conduire chez Merdhad, qui est au bas de l'immeuble à 6h30 précises. Le lever de soleil est magnifique de nouveau, l'astre se cache encore derrière ces majestuex massifs, projettent dans le ciel des reflets toujours aussi impressionnants. (Soit dit en passant : j'ai vu sur Téhéran trois levers de soleil vraiment exceptionnels, mais impossibles à photographier... Par moi tout au moins ! Toutes en subtilités, les couleurs pâles des montagnes neigeuses et celles du ciel du petit matin se confondant presque, il n'y pas assez de contraste pour impressionner mon capteur argentique. Je ne peux m'empêcher de penser à cette beauté, ces couleurs comme nulles autres, que je ne peux vous faire partager ni par la description, ni par des photos que je n'ai pas réussies... Comme quoi plein de choses de ce voyage restent extrêmement personnelles, malgré les récits relativement précis (et de qualité) que je vous propose. Que ceux qui en doutent se rassurent ! L'air est frais, et nous évoluons pour l'instant sur une petite route de campagne nidepoulée à l'extrême, donc plutôt lentement. Le chauffeur du (vrai) taxi, après m'avoir demandé "Made in USA ?", et moi de lui avoir répondu que "nono made in Fransa", me propose quatre petits mots qui collent exactement avec ce que j'attends, dans cette voiture par cette fraîche et belle matinée : "Pink floyd the Wall ?" ! Oh, que yes... A la fin de l'album, le charme est rompu, nous sommes dans les monstrueux bouchons des autoroutes de Téhéran.... Trois heures en tout pour faire les 60km qui séparent les habitations respectives des deux membres de l'HC... J'arrive enfin devant chez Merdhad, paye le taxi et lui offre un vrai bakchish pour avoir permis cette parfaite osmose entre sensations visuelles et auditive, et je tombe sur le petit mot de Merdhad, celui-çi. Je monte l'escalier, la porte est ouverte, et qui est là ? Vous ne devinerez jamais... Adrien, le french routard !! Rencontré à Ankara une quinzaine de jours plus tôt, vous vous rappelez, j'espère ? C'est un choc, et la tentation de le prendre comme un signe est grande ... Le hasard nous fait une faveur, nous décidons de la saisir, mais pour un peu plus tard. A priori, nous ferons la partie Baloutchistan (Zahedan, Iran to Quetta, Pakistan), réputée comme la plus dangereuse de la route de la soie, ensemble ! Plutôt cool, non ? Pour l'heure, il part pour Dubaï pour visiter une amie, et devrait être de retour en Iran quelques jours plus tard. Nous ne nous parlons qu'un petit quart d'heure; mais avec cette promesse de nous retrouver un peu plus tard dans la grande Perse... Sur ce, il décolle tandis que moi, je vais faire connaissance avec Merdhad... Avant toutes choses, Merdhad est architecte d'intérieur et designer de meubles, donc vous pouvez imaginer que son logis n'est pas celui de monsieur tout le monde... Le moindre petit détail a été minutieusement travaillé, des couleurs à l'espace en passant par les meubles et les textures, et... Des pinces à linge colorées partout ! Ben oui, "it's like a signature"... A part ça c'est aussi un grand voyageur, il a fait de nombreux pays dont tous ceux de mon trip à l'exception de la Bulgarie; il y a un mur recouvert des photos du Népal, son dernier voyage, et il part dans une dizaine de jours en Afghanistan et au Pakistan... C'est également un très bon skieur, technique à l’ancienne bien sûr mais parfaite ! Il a des centaines d'amis, ce qui fait qu'il est buzy tous les soirs, et m’en fait bien profiter ... Qu'est ce que j'oublie encore ? Il y a tant à dire sur cet homme, qui doit avoir une petite quarantaine d'année... Fan de Manu Ciao, nous partageons aussi les goûts musicaux. Il faut savoir qu'en Iran, la musique n'est pas si facile d'accès, pourtant il a cinq ou dix disques durs externes remplis de musiques. Et de ses photos, aussi, il ne se sépare jamais de son appareil et prend en moyenne une centaine de photos par jour... Petit point négatif : C'est un craqzy driver, je n'ai jamais vu ça de ma vie... Les Iraniens sont fous au volant en moyenne, et bien Merdhad est largement au dessus de la moyenne ! Pas de problème pour se taper un p’tit 120 sur la bande d'arrêt d'urgence alors que toutes les filles de voitures sont à l'arrêt... Il faut du temps pour connaître et apprécier Merdhad, car il est un tout petit peu froid au premier abord... Sur son profil dans Hopitality club, il est écrit un truc du genre "si, au niveau organisation, vous n'êtes pas au moins à 6 sur une échelle de 10, merci de ne pas me déranger... Effectivement il est TRÈS organisé, parfois même carrément maniaque... Pourquoi pas. Et moi, vous savez, hein ? L'organisation on peut pas vraiment dire que ce soit mon super point fort dans la vie. D'une manière générale je suis sans doute plutôt à trois ou quatre sur son échelle. Enfin bref, je fais de véritables efforts pour ne pas pourrir son espace, être à l'heure, etc, que la complicité et la confiance s'installe petit à petit entre nous. J'allais oublier un point essentiel : C'est aussi un cuisinier de choc ! Le premier soir, il invite une de ses amies, Vishe, qui en plus d'être très mignonne est spécialement sympa, réellement ouverte à la discussion, et... surfeuse ! Évidemment, en Iran l'espace privé est très différent de la rue. Le voile tombe dès la cage d'escalier, et les discussions, les ambiances sont les même que l'on pourrait trouver chez nous ! Bref, tout est normal, comme je l'ai déjà dit ! De toutes façons, pour éviter les problèmes, il suffit d'ouvrir les yeux : les filles à qui il n'est pas forcément utile d'adresser la parole ou de regarder sont recouvertes d'un voile noir qui leur tombe jusqu'aux chevilles. Choix ou pression familiale ? sans doute un peu des deux. Mais voilà : le fait est qu'à Téhéran, elles représentent peut-être, au grand maximum, trois pour cent de la population féminine ! Et, comme je l'ai déjà dit, la plupart des filles ici sont très coquettes, se maquillent beaucoup (trop même, mais comment le reprocher ? Comme dit Reza l'ingénieur aérospatial, voilà leur seule marge de manœuvrabilité dans la coquetterie!) Les vêtements sont choisis avec choix, d'ailleurs il y a des boutiques de fringues partout, et le voile porté de manière à laisser dépasser le plus de cheveux possible, en haut, en bas... Ne pensez pas qu'un policier puisse arriver et dire quelque chose, je ne l'ai jamais vu... même la règle de la séparation des hommes et des femmes dans les bus, métros, queues de télésièges n'est pas toujours scrupuleusement respectée. Le fait est qu'à mon avis, à leur manière, les iraniens sont de grands anarchistes. Tout leur est interdit, et pourtant pour eux ces interdictions ne sont que des mots. Par exemple, ce dîner avec Vishe, chez Merdhad, c'est interdit par la loi ! Même loi, hébergé chez lui, c'est illégal... Un autre exemple : la conduite, dont je vous ai déjà parlé, où les règles sont si fréquemment enfreintes sous les yeux des policiers que "l'impunité" comme dirait l'autre est le cas général. La prière, vous savez quoi ? Je connais beaucoup, mais alors beaucoup plus de gens qui prient 5 fois par jour à Paris, parmi mes collègues ou mes amis, que je n'en ai rencontré depuis que je suis en Iran. À vrai dire, pas un seul. Evidemment, cela ne veut pas dire que personne ne suit la loi islamique à la lettre, mais je pense qu'au mois 80% des gens de Téhéran ne mettent jamais un pied dans une mosquée, sauf pour les grandes occasions (moi, j'y vais pour les toilettes, parce que c'est rare dans Téhéran. Le problème, c'est que dans cette ville, dans de nombreux quartiers, les mosquées aussi sont rares !) La loi oblige tous les bureaux à disposer d'une salle de prière. Et bien vous savez quoi ? Toutes celles que j'ai vues sont soit encombrées de photocopies, soit de frites surgelées suivant l'activité... Ou encore l'alcool. Merdhad m'expliquait qu'il y a, à Téhéran, un énorme problème de conduite en état d'ivresse ! C'est pas incroyable, ça ? Je faisais rire les gens au début quand je leur demandais s'ils avaient déjà goûté de l'alcool. Bien sûr, c'est interdit, et pourtant très facile à obtenir, tout le monde le sait et l'Etat ne réagit pas. C'est un peu comparable avec le phénomène du cannabis en France. Et même pire, au vu des quantités, il est à priori difficile d'imaginer que le gouvernement ne participe pas à l'importation d'alcool. La société Iranienne a énormément évolué depuis 15 ans, et sans doute plus à Téhéran qu'ailleurs. Je pense que les gens cherchent à vivre leur vie le plus normalement possible, sans faire de bruit mais sans pour autant s'enterrer. Et il est évident que le fossé entre le discours officiel et le mode de vie des gens est phénoménal et n'a de cesse de se creuser! Merdhad fréquente un institut culturel, où un lecteur parle de littérature, j'ai pas trop bien compris (normal, c'est du Farsi !) En gros je pense que c'est un peu comme une université pour adultes. Pendant qu'il est en "conf", moi je me fais ma p’tite sortie touristique, à savoir la visite du palais de l'ancien Chah, le Niyavaran Palace qui se trouve à quelques mètres de là. La, je rencontre Salameh, une jeune étudiante en architecture de 24 ans qui me fait la traduction (apparemment la guide officielle parle Anglais mais elle a pas trop envie, j'insiste pas). Ensuite nous allons nous balader dans le parc tout proche. Je ne sais pas trop comment me comporter avec elle, puisque c'est la première rencontre féminine que je fais par moi-même, et qui va un peu plus loin que where do you come from. Samaneh doit me sentir un tout petit peu stressé, et se moque un peu. Bref la conversation se détend très franchement, si bien qu'elle m'apprend qu'elle est en vacances dans quelques jours et que ce serait un plaisir pour elle et sa famille de m'héberger, dans une petite ville du sud de l'Iran ! Encore une occasion pour moi de me rapprocher de la VRAIE vie des gens de ce pays, donc, affaire à suivre. Dans ce centre culturel, il y a aussi une galerie de peintures, où sont exposées les oeuvres de trois générations d'artistes, art contemporain, figuratif ou non. Je me régale... Je suis loin d'être un grand connaisseur de peintures mais cette expo me plait beaucoup, d'ailleurs je vous ai fait quelques photos. Ce soir-là, Merdhad est invité à une soirée d'anniversaire chez une amie, Poone. Je suis le bienvenu... L'ambiance est très sympathique, l'assemblée est composée en partie de famille et d'amis. Et ça danse, et ça se goinfre, et ça fait des photos, et ça chante le joyeux anniversaire local, en Farsi. Il n'y a que le champagne qui fait défaut... Une fois de plus je suis extrêmement bien accueilli, en special guest. Je me régale, tout le monde essaye de me parler, c'est vraiment génial d'être l'hôte de Merhdad ! Je fais la connaissance de Ava, une amie de Poone, qui veut absolument que nous dînions ensemble avant que je ne quitte Téhéran...Et, de retour at home, c'est là que j'apprends la big surprise : le lendemain matin, on se lève at 6 pour aller prendre un peu le grand air : direction Dizin ski resort ! Yearhh !! Dizin,c'est une heure de route de Téhéran, sans doute la plus belle station de ski du pays. Vishe, avec qui nous avons diné le premier soir, nous accompagne. Merdhad a un appartement là-haut, évidemment magnifique et très original. Je me prends les meilleurs skis dispo dans le chop : des vieux equipés 3V ultra schwimm-gum, qui devait être excellent il y a cinq ans, Les prix sont scandaleux, mais Merhdad arrive à me négocier ce matos de chois pour 20 euros la journée, ce qui reste vraiment abusé. Enfin passons. Surtout que le forfait journée n'est qu'à 8 euros, ça compense. Vous avez regardé l'album de Dizin ? Au tons verdâtres de votre peau, on dirait bien que oui ! Ouh, que c'est vilain, la jalousie... Remarquez, je comprends : 12m de neige au sommet (3900m), dont trois fraîchement tombés les jours précédents, avec pas un nuage dans le ciel, neige vierge à profusion, ça fait rêver ! Là, c'est le moment où je dis merci à mon couz le Lio, pour avoir grandement participé à améliorer ma technique dans la neige poudreuse, puisque même avec un matériel inadapté au possible, je prends un pied d'enfer... Toute la journée je fais de la trace... Merdhad et Vishe en font autant. Mes amis, du grand ski ! sans doute une des plus belle journée de ski de toute ma vie, et pourtant j'en ai vu ! Apres tant d'années à rider les Alpes et le massif central, trouver de telles conditions pour pratiquer la glisse au Moyen-Orient, c'est plutôt inattendu, non ? Unlucky boy with turkish mountains... Voilà un point d'arrêt, en toute beauté, ha cette malédiction ! Et puis, Dizin, c'est vraiment un endroit spécial en Iran. Nous ne sommes pas Vendredi, donc pas trop de monde, ambiance détendue, il y a même des gonzesses qui glissent tous cheveux au vent, oui oui ! Et puis, souvenez vous que j'étais assez critique vis-à-vis du niveau des skieurs Bulgares et Turques. Croyez-moi, la donne est bien différente en Iran. Le niveau moyen est très, très élevé ! Je vois des gens avec des vieux skis bien droits, style à l'ancienne mais parfait. D'autres sont à fond dans le carving, sur pistes, tandis que les freeriders font des traces régulières sur tout le massif. D'ailleurs, à la fin de la journée, il n'y a plus un centimètre de neige vierge. Allez, je n'insiste pas plus, vous avez compris l'esprit : cette journée c'était de la BALLE ATOMIQUE !!! (et moi, depuis, j'ai la peau ultra-cramoisie... Of course !) J'ai rencontré deux français sympas à l'ambassade du Pakistan (où je me rends TOUS LES JOURS depuis mon arrivée dans cette ville), Amélie et Julien. Ils sont tous deux ingénieurs agricoles, Amélie est bergère et julien employé de ferme... Sympa, non ? Je vous parle d'eux parce qu'on envisage sérieusement de se faire une petite rando de 7 jours dans les montagnes, en gros rejoindre la mer Caspienne depuis Téhéran by foot. Cela devrait me procurer une autre approche de ces montagnes magnifiques, moins à fond les ballons et plus proche de la nature. Bon, ben voilà... J'ai pas vraiment fait le tour, il se passe vraiment beaucoup de choses, mais j'espère vous avoir donné une bonne vue d'ensemble.... Je passe sur le dîner avec Vishe, sur les teenagers ultra-collants que j'ai dû semer (j'ai honte, ils étaient gentils), la visite d'Azadi, le monument le plus connu de Téhéran, le petit bazar si joli, le petit-déjeuner traditionnel Iranien composé de farine, huile de tournesol, dinde et sucre... Je laisse un peu de place pour votre imagination, quoi ! Aller Rodda ofis, à bientôt, take care... Ciao !
Publié à 08:50, le lundi 12 mars 2007, Téhéran Mots clefs : { Page précédente } { Page 33 sur 47 } { Page suivante } |
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Désolé !
Derniers articlessolitudes transibérinnes hors du tempsLa mongolie, c'est... D'la poesie !! Grand froid, me voilà !!!! Hors sujet (ou presque) : petit voyage dans le temps. Bienvenue à Ulaanbaatar, Mongolie. La température extérieure est actuellement de -12 degrés, le soleil vient de se coucher et on devrait atteindre les -25 d'ici une heure ou deux. Wouahou !! Vivifiant J'enfile trois ou quatre pulls, et c'est parti pour la Mongolie... Youpi !!! Trust me it's hard to leave the Ucool Hostel, Shanghai... Le train du toit du monde (bis - pour de vrai) Soit dit en passant (du côté de Shanghaï, China) Lhasa Lhasa - Pekin : 4500 km à bord du T28 le train du toit du monde Huge landslides on the Katmandu to Lhasa route Un second depart... Aventure au Nepal part two : Hiking in the God's gardens Aventures au Népal part one : cycling in Boudhism mood KATMANDU !! Varanassi, bout pasend e... Challo Katmandu, kio nai ? Great Indian desert Un ptit coucou de New Delhi Pélerinage - paisa - ... Ce n'est qu'un au revoir... Trecks and road-trip in northern areas Comme un rêve de gamin II... Toujours au Regale, mais plus pour très longtemps... EN VACANCES (pour quelques jours) AU REGALE INTERNET INN HOTEL, LAHORE (!) From the Regale internet Inn Hotel, Lahore Un p'tit coucou planqué de Zahedan... De la part de MonPapa! From my father ! Comme sur des roulettes ! To go like clockwork ! 1386 l'annee du rire et de la bonne humeur perse ! Norooze J - 3 Fire jumping, fireworks and funny molotov cocktails Extreme Tehran ! Premier pas en Iran : meet people in Tabriz Far-east Turkey DOGU EKSPRESI, porte moi loin d'ankara ! Ankara : Premieres ımpressions (a chaud) Jour-blanc sur Erciyes Dagi; Full tourism day in Cappadocia... Dernière nuit a Istanbul Flaneries Istanbuliennes Good Bye Bulgaria, cocasseries ferroviaires, Hi Istanbul... On the road again... Aie, aie, aie... Bansko ski resort in Bulgaria C'est parti ! avant le départ : Les enfants de Don Quichotte Lienssublastart ! (Salut les potes !)Les enfants de don quichotte ABM : l'asso des globe-trotteurs Les fermes bio worldwide : WWOOF Votre empreinte ecologique Hotels bon marche worldwide Conseils de la diplomatie francaise LE foum du voyage (francophone) Hospitalıty Club SOYEZ JOZé BOVé !! Rencontres a Istanbul : ce couple fait le tour du monde a velo tour.tk Waterworldwide : Le site d'adrien le french routard Le blog de mon pote Yann a Auroville AmiskopetoNewsletterSaisissez votre adresse email |