Comme sur des roulettes ! To go like clockwork !
NOUVEAU DANS L'ALBUM PHOTO : LES PHOTOS D'ABADEH, LES PREMIERES PHOTOS DE SHIRAZ !! Allez donc y jeter un coup d'oeil... Salut à tous, amis lecteurs, vous qui participez de loin et par web interposé à ma petite vie en Iran... Il est vrai que les articles se font de plus en plus espacés. Ce qui signifie que mes journées sont de plus en plus remplies ! Oh, je ne vous oublie pas pour autant, mais il est vrai que ça devient compliqué de trouver un créneau pour vous transmettre mes impressions. "Oh !! Audoin ! Ça alors ! Encore toi ??"... Vous devinez ? Bien vu ! Et oui, il s'agit bien du cri (de joie, j'espère) qu'a poussé Adrien (le french routard) en entrant dans ce café net, il y a quelques jours à Esfahan... Plutôt amusant, non ? Pourtant, l'Iran est un grand pays. A croire que nous sommes connectés de manière céleste, disposés à nous retrouver inéluctablement... Et, vu que l'on s'apprécie plutôt bien, nous passons cette dernière journée à Esfahan ensemble. A priori, ce sera la dernière fois que vous entendrez parler de mon pote Adrien sur ce blog, vu que son extension de visa a été refusée par les autorités (in)compétentes, et que par conséquent, il a dû filer straight right d'Esfahan à Zahedan, tandis que je compte bien m'attarder encore quelques jours en Iran. Alors ciao l'Adrien, et à la revoyure ! Le dernier article s'appelait "1386 : l'année du rire et de la bonne humeur perse". Vous l'aurez compris (j'espère), 1386, c'est la nouvelle année, entamée depuis Norooze, soit le 21 mars a 3h du mat. Attention, ne confondez pas avec les années arabes (ils en sont autour de 1600 et quelque, je crois), dont le calendrier est basé sur les cycles de la lune, et non du soleil comme le nôtre ou le calendrier persan. Soit dit en passant, les Perses détestent que l'on confonde leur culture ou leur langue avec la culture ou langue arabe. Ils ont toujours su résister à cette assimilation, qui fut jadis imposée par la violence des guerres, aujourd'hui par un gouvernement extrêmement pro-arabe. Pourquoi l'année du rire et de la bonne humeur ? Parce que celle-ci a débuté avec de joyeux éclats de voix qui ont retenti du côté d'Abadeh, petite cité de quelques milliers d'âmes entre Isfahan et Shiraz, dans le sud de l'Iran. Il faut dire que dans la famille de Samaneh, on aime bien rigoler... J'irai même jusqu'à dire que c'est un mode de vie ! Samaneh, vous vous rappelez ? Je l'ai rencontrée pour la première fois en visitant un château à Téhéran. Puis nous avons dîné ensemble, et elle m'a proposé de m'accueillir dans sa famille. Donc, la veille du Norouse, je la préviens du matin pour l'après-midi que si sa proposition tient toujours, je débarque avec grand plaisir dans son logis. Yes, ça marche! Je saute dans un bus, et rencontre Sahand et sa famille, forts sympathiques habitants d'Esfahan, en route pour passer le Norooze à Chiraz. Notre véhicule évolue dans un environnement que j'ose qualifier de semi désertique. Effectivement, la végétation n'existe que sur quelques parcelles parfaitement carrées, alimentées en eau par des canaux d'irrigation. Quand Dieu ou je ne sais qui, a créé la terre, il ne devait lui rester pour cet endroit qu'un pot de peinture jaune, et quelques nuances de cette couleur... Ainsi sont peints les montagnes et vastes espaces plats ou rien ne semble pouvoir pousser, que quadrillent des routes parfaitement longilignes et des lignes électriques jusqu'à l'horizon. Les constructions, villages, fermes ou forteresses en ruines sont faites de terre sèche ou encore de briques jaunes orange. Les seules exceptions, taches de couleur dans cet univers doré sont les hauts sommets blanchis par la neige, et, de loin en loin, une parcelle irriguée, vie fragile au coeur de cette contrée inerte, et dont le vert intense a quelque chose d'émouvant... Mon voisin met fin à ce délire poétique d'un coup d'épaule pour me signaler que nous sommes à Abadeh, et que je dois descendre. Samaneh, sa soeur et son père m'attendent dans une Peykan, chouette ! Après les "hello, Salam", nous traversons Abadeh, direction la maison de cette petite famille. Tout le monde est ravi d'avoir un hôte étranger... J'imagine que dans ce village paumé au coeur de l'Iran, et pauvre de toute attraction ou curiosité, "l'Etranger" est une denrée rare, et donc précieuse. Je suis accueilli en conséquence... La maison est, pour l'idée que je m'en fais, quelque chose de typiquement perse. Peu de mobilier, et dans chaque pièce un grand tapis qui recouvre intégralement le sol. Très pratique pour la sieste d'après midi, lorsque, après manger, ceux qui ne fument pas le Narghileh s'allongent a même le sol pour un petit somme... Sur la table basse, il y a les "6 S". Traditionnellement, pour le Norouze, on orne la table de 6 aliments dont le nom commence par un S. Le seul que j'ai retenu est Seed, qui signifie pomme de terre... A part ça il y a une assiette dans laquelle est plantée de l'herbe (ciboulette ??), des graines de je ne sais quoi (Seed in english ??), plus des verres contenant des breuvages non identifiés. A tout ceci, la tradition a ajouté un bocal avec des poissons rouges. Quand je demande pourquoi des poissons rouges, est-ce que ça commence par S, on me répond que non, mais que c'est très joli (dans les rues d'Abadeh, il y a partout des vendeurs de poissons rouges, un peu comme nos vendeurs de muguet le 1er mai). Quelques minutes après moi débarque une autre famille, les cousins, avec oncle et tante... Hormis la petite dernière qui ne doit guère avoir plus de 6 ou 7 printemps, et les parents de Samaneh, tout ce petit monde parle anglais, ce qui est plutôt pratique pour communiquer... Comme toujours, les mêmes questions reviennent : "Est ce que tu te plais en Iran ?" et "quelle image avais-tu de ce pays avant de venir ?" et "que pense tu des iraniens ?" et "tu les trouves jolies les petites iraniennes ?" et "pourquoi avoir choisi ce pays ? et quel autre pays as tu visité ?", et j'en passe... Il y a l'Oncle, ancien pilote militaire, qui parle évidemment anglais du fait de sa profession, mais qui manifestement préfère m'écouter, du moins pour le moment. Et, de temps en temps, il sort quelques mots en farsi et en me regardant droit dans les yeux, ce qui déclenche une tempête de rire... Sa femme se sent obligée d'ajouter, pour me rassurer "don't worry, he is joking...". Ça, j'ai bien compris que ce monsieur était un grand joker... La soirée va, comme ça, de fous rire en éclats de rire, plutôt joyeux, non ? A vrai dire, dans cette famille on aime se fendre la poire, et même : on le revendique ! Tout est prétexte a se bidonner, et spécialement ce soir de Norouze. Je ne vous ai pas présenté Siavash : c'est le cousin de Samaneh et de sa petite soeur Shaini, et donc le frère de Ghazal et de Shain, la petite dernière. Bref : le fils d'Iman et Abollah, le pilote en retraite... Ouh la, hou la... Don't panic ! Ce sera plus clair avec les photos. Et même : ceci n'a aucune importance... Donc, pour en revenir, Siavash est étudiant en mécanique ou un truc du genre, mais ce qui le passionne, c'est le cinéma, la musique, le théâtre, le monde occidental... Comme sa soeur et ses cousines, il n'a qu'une idée en tête : pouvoir quitter l'Iran pour venir habiter en France ou en Suisse. Je leur promets, en toute sincérité, de faire mon possible pour les aider dans leur démarche après mon retour en France. Vers onze heures, voila un peu la tournure que prend la conversation, ça devient plus sérieux, on parle de la difficulté de vivre en Iran, de religion, d'oppression. Mais la vie, c'est fait pour se marrer, dixit Siavash ! Donc, le couz' cherche une idée pour se fendre la poire, et il trouve ! Un défilé de mode... Les uns après les autres, le père de Samaneh et celui de Siavash, puis ce dernier et moi même, nous défilons... Les téléphones portables et appareils photo immortalisent ces instants de poilade ultime... Tout ceci peut vous sembler un peu "bon enfant", et c'est vrai que ça l'est. Mais je vous assure que j'ai vraiment bien rigolé... Et puis, sans alcool, on fait ce qu'on peut ! Tout le monde semble s'entendre vraiment bien dans cette famille, et cela participe sans doute à ce fou rire qui semble ne jamais pouvoir s'arrêter... A minuit, le chef de famille décrète le couvre-feu, avec réveil a trois heures pour fêter le Norouze. Les cousins restent pour la nuit. L'avantage de dormir par terre n'importe ou sur des tapis, c'est que l'on peut loger un régiment (ou une famille nombreuse dans le cas présent) sans se soucier des couchages... Dans mon sommeil, il me semble encore entendre résonner ces rires. C'est bon... Et ce ne sont pas des rêves ! Car, à trois heures, ils ne m'ont pas réveillé les bougres ! Le lendemain, Abdollah nous drive, les quatre jeunes filles et moi, a la découverte (pour moi seulement) des quelques attraits touristiques du pays. Je découvre un impressionnant "frigo" antique, sorte de pyramide aux murs très épais dans lequel on entassait jadis de la glace en hiver, qui tenait toute l'année. Un arbre vieux de 4500 ans (vous ne me croyez pas ? Heureusement, j'ai fait des photos !). De vieilles mosquées, encore. De vieux tombeaux, toujours... Au retour de cette promenade, nous nous rendons dans le village de famille de la famille, et tout d'abord dans la maison de vacance d'Abdullah et Iman, pour le déjeuner. Chicken kebab, puis narghileh et sieste. Après ça, nous, les jeunes, partons pour une petite promenade dans les jardins du village. Puis c'est la tournée des familles, où chacun a à coeur de me recevoir avec chaleur, thé, fruits et friandises. Le soir, tout le monde se retrouve chez les parents de Samaneh, et là, il y a vraiment beaucoup de monde... Donc, de quoi vraiment bien se marrer ! La soirée se finit en beauté par un défilé de mode général, mémorable... Et puis, au matin, je dois partir... Il y a comme de la tristesse dans l'air. Moi, je viens de passer l'un des meilleurs moments de mon voyage. Eux, un Norouze mémorable, avec un étranger sympathique. Je réalise a ce moment à quel point cette notion d'hospitalité est un échange. Et puis, j'apprends. Et oui, recevoir l'hospitalité, c'est aussi quelque chose qui s'apprend ! Savoir donner le meilleur de soi-même, être joyeux et ouvert, découvrir les usages et les adopter. Echange général d'e-mails, avec la promesse de s'écrire, et peut être de se voir bientôt a Paris ? Sur le quai de la gare routière d'Abadeh, on aimerait bien tous s'embrasser, mais c'est interdit... Donc, on se dit au revoir comme ça, à travers les fenêtres dégueulasses de ce vieux bus Mercedes. J'arrive à Shiraz. Il y a un monde terrible ! Des tentes (en Farsi : Tchador) partout, même sur le bord de l'autoroute ! Ah, oui, j'ai failli oublier ce petit détail marrant : sur le bord de l'autoroute, il y a aussi des vendeurs de tout et n'importe quoi, qui présentent leurs articles à bout de bras, à quelques centimètres des véhicules qui les dépassent a grande vitesse. Ce pays est quand même étonnant... Tout est interdit, réprimé, mais pendant Norouze, c'est la grande semaine du n'importe quoi... Les gens dorment dans des tentes, au bord de l'autoroute ou carrément dans les rues de la ville. En arrivant, j'appelle Sahand, qui m'a proposé trois jours plus tôt de me faire visiter la ville, ou de m'aider le cas échéant. Donc, on fait ensemble la tournée des hôtels. Au bout du dixième, on en trouve enfin un qui a une chambre qui n'attendait qu'un touriste français. C'est crade, c'est glauque c'est plein de moustiques (et moi je suis plein de boutons, maintenant !). Mais c'est pas cher ! Je me couche direct. Le lendemain, Sahand, son frère et sa mère me font visiter la ville, comme promis. Encore des mosquées et des tombeaux antiques, les vielles ruelles couvertes du bazar, et les magnifiques jardins d'Eram. Une fois encore, je tombe sur des gens vraiment super. Comme tous ceux que j'ai rencontrés, ils ne supportent pas le régime en place. Et pour cause. Le petit frère de la mère de Sahand a été arrêté, emprisonné puis torturé et pendu après la révolution parce qu'il était communiste. Difficile à entendre... Mais je comprends qu'elle veut que je sache ce que sont la vie et la douleur de nombre de familles iraniennes. Le soir, je repère dans la rue un jeune avec sac a dos et trépied en bandoulière, et pour une fois, je me décide a l'aborder... C'est Chris, un hongrois routard. On se tape un thé ensemble. Il a réservé pour le lendemain un tour organisé à la découverte de Persépolis et des environs ; je décide de l'accompagner. Persépolis, je ne vous raconte pas. Scusez ! Une fois encore, le temps de manque, je vais rater mon bus pour Yazd si je continue a vous raconter les détails de ma vie ! Les photos viendront bientôt, ainsi que celles d'Abadeh et environs, et celles de Shiraz. Et oui, désolé, mais je suis obligé de sélectionner... Et puis, ça ajoute une dose de réalisme : si j'avais le temps de tout vous dire, cela signifierait que j'ai du temps a volonté, et donc que je suis un gros glandeur, alors que je ne suis qu'un semi glandeur !! Aujourd'hui, j'ai eu mon extension de visa, sans aucune difficulté, les gens du bureau des étrangers étaient vraiment sympas et accommodants. Comme sur des roulettes ! Donc, je vais pouvoir prendre ce fameux train du désert entre Zahedan et Quetta, avec mes amis Julien et Amélie. La classe !
J'ai une pensée toute particulière pour Margot, Juliette et leur maman Fabienne, ainsi que pour Nicole et Marcel. Je pense à vous tous, même à des milliers de kilomètres de là. Je vous souhaite plein de courage, malgré les épreuves que la vie vous impose. Audoin.
Publié à 09:53, le dimanche 25 mars 2007, Esfahan Mots clefs : { Page précédente } { Page 29 sur 47 } { Page suivante } |
en chantier...
Désolé !
Derniers articlessolitudes transibérinnes hors du tempsLa mongolie, c'est... D'la poesie !! Grand froid, me voilà !!!! Hors sujet (ou presque) : petit voyage dans le temps. Bienvenue à Ulaanbaatar, Mongolie. La température extérieure est actuellement de -12 degrés, le soleil vient de se coucher et on devrait atteindre les -25 d'ici une heure ou deux. Wouahou !! Vivifiant J'enfile trois ou quatre pulls, et c'est parti pour la Mongolie... Youpi !!! Trust me it's hard to leave the Ucool Hostel, Shanghai... Le train du toit du monde (bis - pour de vrai) Soit dit en passant (du côté de Shanghaï, China) Lhasa Lhasa - Pekin : 4500 km à bord du T28 le train du toit du monde Huge landslides on the Katmandu to Lhasa route Un second depart... Aventure au Nepal part two : Hiking in the God's gardens Aventures au Népal part one : cycling in Boudhism mood KATMANDU !! Varanassi, bout pasend e... Challo Katmandu, kio nai ? Great Indian desert Un ptit coucou de New Delhi Pélerinage - paisa - ... Ce n'est qu'un au revoir... Trecks and road-trip in northern areas Comme un rêve de gamin II... Toujours au Regale, mais plus pour très longtemps... EN VACANCES (pour quelques jours) AU REGALE INTERNET INN HOTEL, LAHORE (!) From the Regale internet Inn Hotel, Lahore Un p'tit coucou planqué de Zahedan... De la part de MonPapa! From my father ! Comme sur des roulettes ! To go like clockwork ! 1386 l'annee du rire et de la bonne humeur perse ! Norooze J - 3 Fire jumping, fireworks and funny molotov cocktails Extreme Tehran ! Premier pas en Iran : meet people in Tabriz Far-east Turkey DOGU EKSPRESI, porte moi loin d'ankara ! Ankara : Premieres ımpressions (a chaud) Jour-blanc sur Erciyes Dagi; Full tourism day in Cappadocia... Dernière nuit a Istanbul Flaneries Istanbuliennes Good Bye Bulgaria, cocasseries ferroviaires, Hi Istanbul... On the road again... Aie, aie, aie... Bansko ski resort in Bulgaria C'est parti ! avant le départ : Les enfants de Don Quichotte Lienssublastart ! (Salut les potes !)Les enfants de don quichotte ABM : l'asso des globe-trotteurs Les fermes bio worldwide : WWOOF Votre empreinte ecologique Hotels bon marche worldwide Conseils de la diplomatie francaise LE foum du voyage (francophone) Hospitalıty Club SOYEZ JOZé BOVé !! Rencontres a Istanbul : ce couple fait le tour du monde a velo tour.tk Waterworldwide : Le site d'adrien le french routard Le blog de mon pote Yann a Auroville AmiskopetoNewsletterSaisissez votre adresse email |