Ce n'est qu'un au revoir...
... douloureux certes, mais provisoire, sans doute !
Salut à vous tous ! D'abord, je présente mes excuses à ceux qui s'inquiètent de mon (notre) silence, et aux accros qui m'envoient des mails pour que j'écrive plus, à ceux qui auraient souhaité en savoir plus sur le monde Kalash et ce qui "va changer ma vie..." (à ce sujet je pense que c'est le voyage en général qui permet d'accéder a une nouvelle vision de la vie, avec des moments vraiment forts, des pics, comme notre séjour dans cette famille Kalash).
Pour ma défense : Il fait trop chaud !! Beaucoup trop chaud... Plus chaud que je ne pouvais l'imaginer. Et puis l'Internet pakistanais à 12kb/s et une coupure de courant toutes les trente minutes, c'était plus tenable ! D'ailleurs j'ai bien essayé de vous envoyer un post depuis Peshawar, mais la fameuse coupure a réduit mon travail à néant (si j'ose dire). Bon c'est pas tout ça, mais malgré l'air conditionné Indien, il fait quand même chaud à Amritsar, donc on va passer aux choses sérieuses, au résumé des derniers jours au Pakistan (bouh...)
CHITRAL TO PESHAWAR
On s'était laissés à Chitral, n'est-ce pas ? Durant notre séjour en vallée Kalash, on a dû faire un saut à Chitral pour aller dans une clinique, les boutons ayant envahi la plus grande partie de nos deux corps (ça faisait peur), et les démangeaisons devenant intolérables (impossible de dormir). Heureusement, tout ceci est fini ! Enfin bref... Lors de ce séjour à Chitral on rencontre Zar, un chauffeur de taxi rigolo, hyper-sympa (mais un tout petit peu collant). Il nous fait découvrir à l'aide de son tacot les hauteurs de Chitral, magnifique, nous propose, lors de notre prochain retour de Birir valley, de nous héberger at home. Ma foi, why not ? Donc, trois jours plus tard, après des au-revoir-à-bientôt-inch-allah déchirants avec notre kalash-famille d'accueil, on se rend au taxi-stand de Chitral où comme prévu on tombe sur notre nouvel ami Zar qui nous conduit chez lui, un peu à l'extérieur de la ville, le long de la rivière. Zar fait honneur à la tradition d'hospitalité de la contrée, et nous offre gîte et couvert (si j'ose dire puisqu'au Pakpak on bouffe avec les doigts), déplacements à volonté, visite de la "fish-farm", et encore mille autre chose, en refusant obstinément tout dédommagement de notre part... Du coup, vu qu'il est grand amateur de musique, on lui offre plein de cassettes... Il est trop content, le sourire bloqué au coin des lèvres, à essayer toutes ses nouvelles K7, on dirait un gamin !!
Le temps passe... Maxime vient de faire étendre son visa qui était déjà périmé, les doigts dans le nez. La fin de mon temps dans le pays approche, et je suis déjà sur l'extension. Il est donc grand temps de quitter les montagnes et de reprendre la route vers le Sud, même si le coeur n'y est pas forcément... Prochaine étape logique sur notre route : Peshawar... Ce qui aurait dû être un simple voyage en bus de 12h va finalement offrir son lot d'imprévus et de rebondissements. Maxime n'est pas très bien dans le bus... Un mal de ventre qui, au bout de 2h30 de route devient insurmontable et nous oblige à quitter le bus. Sur la route entre Chitral et Peshawar, il y a le Lowari-pass, à trois mille deux cent mètres d'altitude, si bien qu'en hiver il n'est possible d'accéder à Chitral que par la voie des airs, quand la météo le permet. Du coup, ils sont en train de construire un tunnel (ferroviaire !) de huit km de long, qui permettra d'éviter le délicat franchissement du lowari-pass. Et, fort heureusement pour nous (et surtout pour Maxime), le colossal chantier de percement du tunnel dispose d'un hôpital de campagne, ou Maxime va être gavée (comme une oie) de medocs en tous genres... Les infirmiers Pakistanais et les toubibs coréens veulent absolument profiter du sommeil de ma compagnone pour lui faire d'obscures injections ou perfusions, ce qu'évidemment je refuse catégoriquement... Du coup, je ne peux pas m'éloigner de son chevet, de peur de la retrouver avec plein de petits trous dans les bras et de produits bizarres dans le sang... Les pauvres infirmiers avec leurs seringues sont tout déçus de ne pas pouvoir essayer leur "science" sur une belle petite française, mais je ne lâche pas le morceau. Un peu vexés, aussi, du manque de confiance que je leur témoigne. Au bout de deux heures de sommeil de Maxime, les militaires me demandent de la réveiller, nous devons partir. Le chantier est strictement encadré par l'armée, les ingénieurs coréens (pas sympas du tout) et australiens (un peu mieux). J'explique à un caporal que je veux bien que nous déguerpissions (Le sommeil de Maxime a été réparateur), mais que pour cela il nous faudrait un véhicule. "don't worry, I will organize everything for you..." Méthode "armée pakistanaise" : Un minibus passe, il me demande si ça me plait, je lui répond que non. Un landcruiser dernière génération, banco ! Le militaire se plante au beau milieu de la route et arrête le véhicule d'autorité, en expliquant à son chauffeur que les deux sièges avant de son véhicule viennent d'être réquisitionnés (pour nous, la classe !)... Du coup, les deux passagers qui s'y trouvaient (et qui avaient paye le supplément "front-seat") sont refoulés à l'arrière... Incroyablement confortable, les sièges avant d'un land-cruiser dernière génération ! Surtout que la montée du col sur route non goudronnée et boueuse est pire que tout. Sur le flanc gauche de la vallée, on aperçoit les restes d'avalanche - dont vous ne pouvez même pas imaginer la taille (sauf quand j'aurais mis les photos) - qui furent apparemment meurtrières et ont emporté cet hiver des villages entiers.... Nous doublons des minibus qui patinent dans la boue, avec tous les passagers qui poussent ou tirent... Bien heureux d'être dans un super 4X4 dernier cri. Je vous ai déjà raconté pas mal d' "aventures routières", celle-ci est sans doute la plus folle, la plus insensée. D'énormes camions pakistanais la parcourent, puisqu'elle est le seul accès à Chitral... De fantastiques pelles mécaniques tentent de couper un passage plus large à travers des avalanches plus hautes que les engins de chantiers, leurs bras déployés vers le haut ! De l'autre côté du col et quelques trois heures plus tard, on aperçoit l'autre trou, l'autre extrémité du futur tunnel. Je réalise alors que l'on vient de parcourir seulement 8km à vol d'oiseau !! Encore deux heures plus tard, on arrive à Dir, ou l'on décide finalement de passer la nuit, Maxime n'étant vraiment pas au meilleur de sa forme. Dir, c'est pas la ville touristique... Les rues sont pleines de ces bourkas lugubres. On nous regarde comme des extra-terrestres... Un premier commerçant, qui pense que comme dans la légende tous les touristes sont richissime, me demande 20 dollars pour une bouteille d'eau et un paquet de clopes ! Le shop suivant, plus modéré, se contente de dix fois le prix habituel... Le lendemain matin, on se chope un minibus pour Peshawar. Le bazar est lugubre, pour moi c'est terrifiant toutes ces vagues silhouettes de tissus qui sont, parait-il, des femmes...
Le propriétaire du minibus va un peu trop loin dans l'escroquerie. Je veux dire : nous sommes sept sur une banquette prévue pour trois !! Trop c'est trop (comme on dit). Au premier arrêt -prière, je passe mes nerfs sur lui et lui ordonne de descendre nos sacs du toit et de nous rembourser les tickets séance tenante. Il accepte de nous rendre nos affaires, mais pour mon pognon, fume ! Du coup, je le vois charger deux nouvelles personnes dans son bus. No complex ! Nous, on prend notre temps, et on fait du stop jusqu'à la prochaine localité un peu importante, d'où on prend un bus, un vrai, un gros, avec une personne par siège, air conditionné, déjeuner et boissons incluses. Cool...
PESHAWAR
On arrive à Peshawar de nuit, le choc thermique n'en est pas moins conséquent. Il doit faire dans les 35 degrés, alors que de nuit dans les montagnes la température descendait habituellement au dessous des 25.
De retour dans le chaud... Instantanément, je me sens envahi d'une flemme considérable... Ca me rappelle Lahore, le moindre mouvement est un effort, les activités quotidiennes sont limitées à quelques heures. Le Tourist Inn Motel de Peshawar est un repère de français en tout genre. La plupart des Français qui font escale à Peshawar recherchent le "grand frisson"... A savoir : visite des tribal areas, et trip to the Khyber-pass. Les tribals areas, ce sont des zones ou les lois pakistanaises n'ont pas cours, et où, par conséquent la loi tribale s'applique. Au programme : visite des ateliers de kalachnikovs, des shops d'héroïne, d'opium ou de hashish. Pour se rendre là-bas il faut demander une escorte policière. Votre escorte se fera une joie de vous faire essayer son fusil d'assaut pendant qu'il vous prend en photo... très peu pour Maxime, très peu pour moi. On esquive, malgré les tentatives acharnées de guides qui nous assurent qu'une journée en zone tribale est une expérience inoubliable. Apparemment, les français (plus cons que la moyenne ??) sont friands de ce genre d' "expérience".
Le Khyber-pass, c'est la frontière avec l'Afghanistan. Historiquement, la porte du sous-continent indien. Les conquérants de tous poils du genre Alexander the great l'ont emprunté avec leurs armées. Aujourd'hui, on s'y rend "to feel the special atmosphere", et pour aller visiter les camps de réfugiés afghans, appareil photo en main, exactement comme au zoo de Vincennes. Re- très peu pour Max, re-très peu pour moi... Mais qu'est ce qu'on fout à Peshawar, alors ?? Des français de la guest-house me posent cette question lorsque je leur exprime mon point de vue sur ce mode de tourisme ou l'on vient admirer les horreurs de la guerre et se "mettre en danger" (pour pouvoir dire "je l'ai fait", monumental trip de l'ego, non?). Bof... On visite la vieille ville, le bazar aux légumes. On boit des thés dans les shops afghans de tapis et de cailloux. Peshawar accueille des réfugiés afghans depuis trente ans, depuis la guerre contre les soviétiques, si bien qu'une petite moitié de la population de la ville en est composée, ce qui crée, effectivement, une atmosphère vraiment particulière. Il faut reconnaître que les tribals areas constituent une terre de refuge sans égale pour les Afghans. En effet, la première règle du code d'honneur des Pachtounes est l'accueil à tout étranger quel qu'il soit, que l'hôte devra traiter mieux que lui-même et sa propre famille. Par contre, et ça, c'est beaucoup, beaucoup moins love, la deuxième loi qui régit la vie clanique est le devoir de vengeance envers quiconque a porté atteinte à l'honneur de l'un des membres de la famille. Ce qui provoque (évidemment) des vendettas qui s'éternisent dans le temps, et surtout, mixé avec des préceptes de l'Islam, cela conduit à cacher les femmes. En effet, adresser la parole à une femme pouvant être pris pour une offense par certains religieux fanatiques, il y aurait des milliers de morts si celles-ci ne se cachaient pas intégralement derrière ces fichus bourkas... Bref, les tensions sont palpables à Peshawar, ville entre modernité et traditions, où les talibans ont de nombreux adeptes comme de nombreux ennemis... Le patron de la guest-house, un Pachtoune, reflète exactement cette ambiguïté. Il ne se cache pas d'une certaine sympathie pour les Talibs, affirmant que nombre d'entre eux sont des gens très biens (...). Il raconte pourtant qu'en 2001, juste après l'invasion ricaine en Afghanistan, trois talibans sont arrivés devant le portail blindé de la guest-house, promettant qu'ils ne tueraient que les touristes américains, et ne feraient aucun mal aux autres... Au bout de trois heures de négociations, et de quelques chargeurs de kalash vidés vers le ciel pour intimidation d'un côté comme de l'autre, les talibs sont finalement partis pour ne jamais revenir...
A Pecshawar, dans le Tourist Inn motel, nous faisons également la connaissance d'un couple d'Ambert, Puy-de-dôme (coooool... Mon prochain voyage ?), qui se baladent en camping-car depuis la France suivant grosso-modo le même itinéraire que moi, avec deux de leurs filles de 2 et 9 ans. Depuis bien longtemps déjà, ils parcourent le monde... Pae est un dessinateur hors pair, tandis que Céline rédige de petits textes, qu'ils assemblent pour éditer (by themselves) des bouquins de voyage, ce qui leur permet de vivre. On accroche beaucoup avec cette famille, avec qui nous partageons une certaine vision de la vie. Mon cher Colas de Sublastart, Paname, si tu lis ces lignes, ce couple devrait t'évoquer quelque chose...
DERNIERS JOURS AU PAKISTAN
Au bout d'une semaine à flemmarder (rien qu'un peu) à Peshawar, on se dit qu'il est temps de décoller pour Islamabad, où je dois normalement récupérer my passeport with its indian visa. On se tape le trajet en bus climatisé, et on arrive à Islamabad vers 11h du soir. Au camping, où nous nous étions précédemment arrêtés, on repère illico le Bedford, le camping-car de Pae et sa joyeuse family.... et tout un tas d'autres camions de routards, tous des frenchies ! Ca cause français au Pakistan. Je vous avais déjà parlé d'Islamabad lors de notre précèdent passage. Il fait plus chaud maintenant, autours de 45 degrés. Le chanvre qui pousse partout dans la ville est en pleine période de floraison, l'odeur est incroyable, et ce particulièrement dans la Diplomatic Enclave, le quartier des ambassades sous haute sécurité. Je récupère mon visa sans problème. Vers 17h, on quitte la capitale pakistanaise par le train, direction Lahore.
Ah, ah , ah...... Certains d'entre vous, je pense notamment à ceux qui connaissent l'Afrique, savent ce que signifie une température extérieure de 50 degrés... J'ai bien dit ! Dans un endroit à l'ombre et ventile, ça fait entre 42 et 45. A l'extérieur, la chaleur est insupportable, l'air vous brûle les poumons et le visage... Je découvre qu'il est parfaitement possible de descendre une bouteille d'eau minérale standard en une seule fois. Dans ces conditions, ça va pas être de la tarte de se motiver pour aller jusqu'à la frontière... On voudrait écourter le séjour, mais c'est impossible. Il fait trop chaud pour se presser, trop chaud pour prendre des décisions en toute lucidité. A 9h30 du mat’ la température est déjà de 48 degrés... Ce qui n'empêche pas les avocats pakistanais et leurs partisans de demander la démission de Mousharaf via une monstre manifestation qui paralyse the Mall Road, artère principale de la ville moderne de Lahore, sur laquelle se trouve le Regale Internet Inn que vous connaissez dorénavant presque aussi bien que moi. Vu qu'on est jeudi, LE jour du Sufisme et de la musique, on passe notre dernier après-midi pakistanaise (bouh...) à écouter des chants cawaleri au temple du Sufisme (qui est climatisé, youpi !). Et puis, le lendemain, il va être temps d'aller jusqu'a Wagha Border, le seul point frontière ouvert entre l'Inde et le Pakistan... Avant de vous raconter ça, je voudrais faire une petite parenthèse sur l'Inde.
Petite parenthèse sur l'inde....
Je sais que j'ai des lecteurs indiens, ou amoureux de l'Inde, qui seront peut-être vexés par les propos qui vont suivre. D'avance, milles excuses...
L'Inde constituait, dans le projet de ce voyage, l'un des deux grands buts, avec la Mongolie. Je comptais y passer au minimum trois mois, comme en témoigne l'itinéraire prévisionnel que je vous présente sur le lien "where am I". Le Pakistan, je comptais juste traverser, le plus rapidement possible, ne surtout pas m'attarder dans ce que les saloperies de mass-media présentent comme une terre inhospitalière (Islam) et dangereuse (Talibans), voir dépourvue d'intérêt ( pourquoi aller au Pakistan si l'on peut aller en Inde ?), les enfoirés ! (!!!!!). Sauf que...
Sauf que depuis la Turquie, je rencontre des routards qui font la route dans l'autre sens, et qui sont (malheureusement) unanimes. Il y a ceux, anciens amoureux de l'Inde, qui expliquent que le pays a trop changé en 10 ans, que ce n'est plus la même chose, plus du tout authentique. Ceux qui s'y rendaient pour la première fois et qui en attendait beaucoup (comme moi), et qui sont tous déçus... L'inde est sans doute l'un des pays les plus touristiques du monde, et les Indiens ont appris à nous considérer (les voyageurs occidentaux ou japonais) comme des tas de billets verts. Le harcèlement est constant, impossible de se déplacer sans être harcelé par un gamin qui veut te vendre une connerie en plastique; la gentillesse serait (très) intéressée, systématiquement. Les mauvaises surprises sont fréquentes (du genre : tu te fais inviter à manger par un indien, qui, à la fin du repas va te demander 10 euros...) En outre, le développement économique mixé à l'hindouisme aurait également conduit à une société de plus en plus individualiste, le summum de l'individualisme parait-il (pire que chez nous c'est vraiment possible ?). Enfin, les prix ne sont jamais les mêmes pour les touristes et les locaux, notamment pour les temples et autres sites touristiques, où les étrangers peuvent payer 10 ou 100 fois le prix... Don,c tous les voyageurs que j'ai pu rencontrer en Turquie et en Iran m'ont conseillé avec insistance (comme Anita la suisse qui a passé 7 mois au Pakistan) de prendre du temps pour visiter le Pakistan, l'alternative, le "petit paradis" du sous-continent, et surtout, surtout, d'arriver en Inde sans illusions, parce que ce que je cherchais là-bas n'existe plus. Moi, je suis borné, mais jusqu’à un certain point : après avoir entendu dix ou quinze fois ce discours, et pas un seul témoignage de voyageur ayant préféré l'Inde au Pakistan, et bien j'ai changé mes plans : au lieu de passer une semaine au Pakistan je suis resté deux mois, et au lieu de passer trois mois en Inde ce ne sera sans doute qu'un mois et demi... Tout ça pour vous dire qu'en cette (chaude) journée du 8 Juin, je suis empli d'une certaine appréhension à l'idée de me retrouver chez les "adorateurs de vaches"
- Fermez la parenthèse -
WAGHA BORDER
On se prend donc un taxi, qui apparemment n'attendait que nous, juste devant l'hôtel. Il est onze heure du mat, il fait 51 degrés, je propose au chauffeur mes dernières 500 roupies pakistanaises pour nous déposer à Wagha-border, à trente kilomètres de Lahore. Mi-figue, mi-raisin... Je suis empli d'une nostalgie précoce de ce pays que j'aime et que je quitte, et plein d'appréhension quant à la toute prochaine suite du voyage. Maxime elle, plus posée, qui pourtant a comme moi entendu les témoignages de voyageurs au Pakistan en provenance d'Inde, n'en démord pas : l'Inde, c'est l'Inde... Ce qui ne l'empêche pas d'éprouver une certaine tristesse à quitter ce pays de rêve. La route qui conduit à Wagha longe un canal à l'eau boueuse. Je contemple la jeunesse pakistanaise qui se rafraîchit en tentant des sauts de l'ange et autres acrobaties dans le canal. L'air brûlant qui entre dans la voiture est en train de nous cuire. Le chauffeur m'explique que tout un côté du canal est miné par l'armée, et prêt à sauter pour défendre Lahore, et paré à une éventuelle invasion Indienne. Et puis, enfin, la frontière.
Le franchissement de la frontière entre l'Inde et le Pakistan est interdit à tout véhicule, si bien que de nombreux porteurs parcourent les 200m de corridor avec des tonnes de marchandises sur la tête, déchargeant les camions d'un côté pour les recharger de l'autre. Les Pakistanais sont en vert, les Indiens en orange. On est pas sortis du taxi que déjà une tunique orange se propose de porter nos sacs pour passer la frontière. Je dis que non, qu'on n’a pas de sous. Il me traite de menteur, me dit que si j'ai payé 500 roupettes de taxi c'est que je peux me permettre de payer un porteur 50 roupies (ce qui, je dois le reconnaître, et bien raisonné) ! Max qui voit que je suis à deux doigts de péter un plomb pour cause de chaleur et d'agressivité mercantile m'exhorte au calme, je. (heureusement qu'elle est là ...) Le type en orange continue de nous suivre, en espérant que la chaleur nous fera changer d'avis, nous l'ignorons du mieux possible... Premier contact avec l'Inde, qui n'est pas pour faire baisser mon appréhension... La frontière entre le Pakistan et l'Inde a quelque chose de surréaliste... Un couloir que l'on doit franchir à pieds, sous le soleil qui crache toute la chaleur possible, avec, de chaque côté, de grandes tribunes. Du côté pakistanais, une grosse mosquée très jolie avec plein de fioritures et d'énormes hauts parleurs tournés vers l'Inde. Du côté Indien, une espèce de gros bloc de béton tout moche (sensé être beau j'imagine, l'oeuvre d'un sculpteur contemporain renommé peut-être ?), et des gradins encore plus grands. On franchit la frontière aux côtés de deux népalais étudiants à la Penjab University de Lahore, rentrant dans leurs montagnes pour les vacances. Du côté Indien, les formalités se passent bien, RAS. Le local des douanes a même l'air conditionné ! On remarque immédiatement que le pays est à un autre stade de développement : ordinateurs, scanners et plein de matos du genre dans les bureaux (à la poste centrale de Lahore, il faut se munir d'une photocopie du passeport pour les envois internationaux, it means qu'il n'y a pas une photocopieuse dans la poste !!!), l'air conditionné, des signes qui ne trompent pas. On sort du local, et là, c'est parti ! En dix secondes, on a quinze vendeurs autour de nous qui nous tirent par le bras l'un à gauche, l'un à droite, en nous proposant : des drapeaux en plastique de l'inde, des élastiques à cheveux, de l'eau fraîche, de l'eau moins fraîche, des gâteaux, des journaux, des taxis, des rickshaws, des vélos, etc... Maxime, qui d'un oeil averti surveille mon taux de saturation comprend que la limite est toute proche, et, très fine d'esprit, dit oui pour moi à un type qui n'a qu'un mot à la bouche : "Beer ? Beer ?"... On se pose à la terrasse de son échoppe. Sous les 50 degrés, la bière me calme instantanément (comme prévu). L'un de nos pote népalais organise le transport pour Amritsar, à 30 bornes de là. On voulait rester pour la "border closing ceremony", sorte de défilé militaire assez reputé, mais la chaleur et la foule des indiens qui arrivent pour assister à la cérémonie nous en dissuade. On en voit un bout à la TV, sur un DVD qu'un mec essaie désespérément de me vendre pendant que je me calme à la bière.
GOLDEN TEMPLE SIKH
Amritsar, c'est la ville sainte des Sikhs. Le sikhisme est une religion apparue sur le tard, et qui prend à la fois de l'hindouisme et de l'islam. Les sikhs portent tous un turban impeccable autour de la tête, bleu ou orange, et vont se recueillir au Golden Temple, monument recouvert de feuilles d'or se tenant sur une plate-forme au milieu d'un grand bassin. Les sikhs sont hospitaliers, c'est un euphémisme de première classe. Jugez plutôt : au golden temple on peut dormir et manger gratuitement aussi souvent qu'on le souhaite. Pas mal, non ? Du coup, je décolère un peu sur l'Inde... Et puis, le Golden Temple, c'est vraiment très très très beau, et ça change des mosquées que j'ai visitées par dizaine durant ces quatre derniers mois passes en terre d'Islam.
Voila !
Demain on prend un train ( à mettre du côté des trucs ultra -positifs du pays : le réseau ferroviaire historique est démesuré, youpi !!) pour Rishikesh, la capitale mondiale du Yoga (une touriste chinoise m'a dit hier qu'elle en venait et qu'il n'y avait plus de vrais yogis, ayant fui la folie touristique, et que ceux-ci ont été remplacés par des gourous à la recherche de voyageurs crédules et fortunés...). Là-bas, nous devons rejoindre Maxime Marouani, mon poto sublastartien - parisien, actuellement hébergé par un vieux Sadu, qui parait-il nous attend avec impatience (le Sadu) pour partir tous les quatre (Max, MaxE, le Sadu et bibi) en pèlerinage sur les sources du Gange.
Coooooool... Ca a l'air chouette, nan ? Je vous raconterai ça... Bientôt !
Salut à toutes et à tous !
Au fait, je vous ai pas raconte les Kalash, comme je ne vous ai pas raconté le Balouchistan Express, qui sont pourtant les deux temps forts depuis le début de ce voyage... J'ai rédigé des brouillons sur le blog, mais qui sont loin d'être satisfaisants. N'attendez pas ces articles, ils viendront sans doute plus tard, lorsqu'un temps mort dans une contrée à la fois relativement fraîche et disposant d'une connexion Internet décente me laissera tout le loisir de vous exprimer ma nostalgie pour le Pakistan...
C'est dit !
Publié à 18:51, le samedi 9 juin 2007, Mots clefs :
Commentaire sans titre
12:37, samedi 9 juin 2007
.. Publié par Iann's MoM
Cela faisait longtemps mais l'important est que tout roule pour le mieux, c'est à dire comme tu le souhaites.
Iann aussi trouve qu'il fait décidément trop chaud et il est parti jeudi vers Kodaikanal (2000m) puis Munnar (1500m) pour voir les montagnes et les plantations de thé. Il repartira de Pondi vers le 10 juillet, retour Paris.
Enjoy India et à bientôt,
amicalement
Commentaire sans titre
17:54, samedi 9 juin 2007
.. Publié par nicole & marcel
quel travail!chaque article nous invite à consulter cartes & atlas pour mieux suivre ce voyage extraordinaire.Le dépaysement,les péripéties nous font attendre la suite avec impatience,et quel suspense.
<br>Prenez soin de vous 2.
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en chantier...
Désolé !
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