Great Indian desertY'A DU NOUVEAU DANS LE COIN PHOTO !! Je préfère même pas vous raconter le temps que ça me prend pour vous offrir ces (magnifiques) images... Toujours est-il que... PROFITEZ-EN !!!! A ne pas manquer : - les dernières photos d'Inde, oeufs corsés, MAIS AUSSI : - dans la rubrique des photos ferroviaires (premier lien dans la galerie photo, avec une petite vignette de train) les photos du BALOUCHISTAN EXPRESS... Un épisode mémorable de ce voyage, que je ne vous ai toujours pas conté... C'était il y a trois mois, trois jours dans un train centenaire du desert, entre l'Iran et le Pakistan... Les non-cheminots n'ayez crainte : LES TRAINS NE MORDENT PAS ! Et, si après vous être extasiés devant la splendeur des images, la perfection de la technique et les joies du voyage vous éprouvez le besoin vital de vous exprimer, n'hésitez pas, faites le en commentaire de cet article. Ou, mieux encore, dans le LIVRE D'OR (lien tout en haut à droite de cette page) ENJOY !!!
Salut les vacanciers, et les autres...
Salut les courageux collègues de Villeneuve qui font tourner le triage pendant que d'autres se la coulent douce sous des hospices plus agréables (dont un certain aiguilleur de PMV depuis un petit moment déjà...). Et ben ouais, c'est comme ça... Avant-hier, je consulte à tout hasard la date sur le cadran digital de ma montre électronique à cent balles de chez Décath, et les quatre chiffres ordonnés (1407) que j'y découvre tout surpris, me laissent pantois... N'en déduisez pas qu'à cet instant je suis submergé d'un sentiment patriotique incontrôlable et que la Marseillaise se met à raisonner dans les cavités vides de ma boite crânienne, il ne s'agit absolument pas de ça. Non, ce premier jour férie de l'été me rappelle les bureaux et les magasins fermés, les rues de Pantruche quasi-désertes, un certain coup de soleil et quelques fameuses rencontres de vacances ... Les veinards... Oh, remarquez, ma situation n'est pas non plus si mauvaise, loin s'en faut. Je ne me plains pas (du tout, du tout), mais voilà, que voulez-vous... Le 14 juillet c'est aussi grosso-modo la mi-course de ma p'tite vadrouille chez les autres terriens, ça commence à faire un bail que je suis loin de mon Cantal natal, et de ses grands cousins qui s'appellent (au choix) : St Nectaire, andouillette-poivre, vin de Bordeaux, cassoulet aux lentilles, tartiflette, vin des cotes du Rhône, Camembert, crotins de chèvre, et j'en passe, et des biens meilleurs. Et même un bon vieux kebab tout dégeulos gluant de sauce blanche-Arrissa de mon dix-huit ème adoptif, subtilement accompagné d'un gros rouge à deux euros, issu des Pyrénées orientales et ayant atterri comme par mégarde (après mise-en -bouteille dans l'union européenne) chez l'épicier marocain ("père grognon" le bien nomme) d'anciennement en bas de chez moi. Et oui ! C'est l'estomac, le corps qui finit par s'exprimer. D'ailleurs, on a établi une règle: Interdit de parler de boustifaille franchouillarde en toute heure et situation (du coup je me lâche un poil sur le blog, hi, hi!).Ce qui ne nous empêche pas d'enfreindre ladite règle au moins trois fois par jour. Quand je pense à mon retour at home, je ne peux réprimer l'image d'un morceau éléphantesque de cantal entre-deux, introduite dans une baguette entière, et celle du genre croustillante à l'extérieur, moelleuse à l'intérieur... Le thalies, c'est... Bouah ! J'ai même pas envie d'en parler... Dites-moi, on fait quoi quand on est dans un pays et qu'on n'apprécie pas la bouffe ? Pourtant, la bouffe indienne dans un resto bien parisien, c'est à marcher sur la tête, je l'admets de bon coeur... Rien à voir avec le thalies, qui se compose invariablement, à toute heure et en toutes circonstances d'une dose de riz gluant, de chapatis (galette de farine + eau cuit sur un feu), et des Sabzis (légumes dans l'huile parfumés au Massala). Que ce soient des patates, des tomates ou quoi que ce soit d'autre, ça a goût massala. Je précise en outre pour ceux qui l'ignorent : le massalla, ça arrache la gueule !!) Et puis, le manque d'hygiène à un point qu'on imagine pas tant qu'on a pas vu l'Inde, la bouffe trop épicée, voir pourrie, ça perturbe un tant soit peu la digestion (léger, léger...)... Un mois et demi en Inde, un mois et demi malade. Ca ne s'arrête jamais (sans jeu de mot de mauvais goût)!! Du coup, depuis deux semaines, je prends le taureau par les cornes. Un homme, un combat ! Immodium dans la limite de la posologie recommandée, avalage massif de fibres sous forme d'écorces de graines, plus de thalies et de restos vraiment trop crados. Ah, ah, ah. Rien n'y fait. Sauf de se faire une raison: il faudra attendre de quitter l'Inde pour retrouver une digestion humaine. Mes problèmes gastriques n'intéressant pas le quart du dixième des lecteurs de cette page, on va peut être passer a autre chose, non ? Si. Je vous disais donc, une certaine nostalgie culinaire... N'en déduisez surtout pas que je commence à saturer, à avoir le blouz du trav'ler ou something like that. Tout va bien ! D'ailleurs, il s'en est passé des tonnes de trucs ces derniers temps. Faudrait que je vous raconte un peu... Comment ça tout de suite ? Ouh la la... La vue de ce clavier et l'amabilité douteuse des gérants de ce Café-net m'inspire une flemme digne de... Moi. En même temps, je comprends bien votre point de vue : vingt jours que j'ai pas émis de signal radio, et que je vadrouille dans l'immensité indienne, vous n'allez pas vous contenter de mes envies de fromage. Bon, ce que je vous propose, c'est une forme de compromis : on va mixer un peu du style télégraphique avec quelques extraits que je vais vous recopier de mon cahier de voyage. Et puis, ne mentez pas : vous êtes en vacances pour un temps, alors les aventures de Audoin à l'autre bout du monde, c'est un tout petit peu moins attrayant que d'habitude, pas vrai ? On y va... La dernière fois qu'on s'est causé (d'ailleurs, c'est surtout moi qui cause), je me pressais d'achever un mini article pour ne pas rater le train pour Jaipur, capitale du Rajasthan. On le rate. Ne cherchez pas un coupable, on le rate et point final. C'est pas non plus le drame de l'année, vu que les trois tickets ensemble représentent moins de dix euros, et qu'on prend un autre train le soir même. C'est juste le deuxième train qu'on rate en trois jours, alors que ceci ne m'était pas arrivé depuis le début du voyage. Passons. Jaipur, limite j'ai même pas envie de vous raconter... On est allés de déceptions en déconvenues. On s'est frotté à ce que le business-tourism-mafia a sans doute fait de pire (ah, non : il parait que la Thaïlande et le Vietnam détiennent conjointement la bien triste palme d'or de l'arnaque et de la dénaturation des rapports humains avec les étrangers. A ce sujet, et une fois pour toutes : je reçois de vilains mails de gens, soit qui connaissent, soit qui ne connaissent pas ce que je qualifierai d'arnaque généralisée, tout plein de reproches de ce que je tue le rêve de ce beau pays ou encore que je juge sans savoir (ça j'aime beaucoup...), ou finalement que je n'ai aucune pitié pour des gens qui gagnent cent fois moins d'argent que moi. Je peux me défendre, oui ? Tout d'abord, l'argument économique n'a rien à faire dans cette histoire. J'ai traversé avant d'autres pays où les habitants ne me voyaient pas comme un portefeuille sur pattes, avec envie et jalousie, pays où la situation économique est autrement plus grave que celle de l'inde (Evidemment, je pense au Pakistan). Deuxièmement, je ne dénigre pas tous les Indiens, simplement ceux qui me manquent de respect parce que je suis inférieur à eux car non Indi, et ceux qui, masquant la plus grande partie de la population, m'agressent et veulent me vendre des slips ou un voyage sur la lune dès que je pose un pied dans la rue. Ni plus ni moins qu'ailleurs, il y a grand max vingt pour cent de cons chez les Indiens, mais vu qu'ils sont nombreux, ça saute plus aux yeux... Pour ceux qui penseraient que cette vision des vingt pour cent partout est un tantinet réductrice, je dirai, messieurs les jurés, que la part de subjectivité de ce propos réside dans la définition du con. Mes cons ne sont sans doute pas les mêmes que ceux du voisin, j'en suis bien conscient. Mais voilà l'une des grandes leçons que j'ai tirée de ces 6 premiers mois de voyage, il n'y a pas des gens biens ici et des gens mauvais là-bas, non, il y a de tout partout, et des indésirables dans des proportions à peu près constantes... Troisièmement, et pour en finir avec ce plaidoyer pour mon autodéfense, s'il fallait désigner des coupable pour cette grande mascarade touristico-industrielle, je pointerais plutôt du doigt les agences de voyage-tout-fait, qui vendent un produit qui n'a absolument rien à voir avec du voyage, et qui a transformé des régions entières en parc d'attractions naturalistes du genre jardin d'acclimatation, en plus vaste et plus dégueulasse... Tout le monde va aux mêmes endroits, si bien que pour "prendre du plaisir de voyage" en Inde - j'entends rencontrer la population, partager avec eux et créer ainsi une dynamique, un échange mutuellement profitable sur les points de vue culturels et humains -, il faudrait aller là où il n'y a pas de belles photos à faire... Là où Fram ne vend pas chaque année des millions de tickets d'entrée pour le grand zoo humain. Ce sont eux, à l'origine, qui, en concevant des voyages-produits basés sur la rentabilité (la prospérité pour tous, mon c.. !!!), ont généré tous ces affreux jojos qui, pour me tirer quelques roupies de plus n'hésitent pas à laisser leur dignité sur le porte-manteau. Les Fram et compagnies, voilà les vrais, les grands escrocs. Et si je dis Fram, ce n'est pas par hasard. Tous les chauffeurs de Rikshaw-arnaqueurs parlent trois mots de français et connaissent aussi les nombres (surtout les grands). Il semble que les vendeurs de rêves français excellent dans la pollution touristique ! Ce qui, par ailleurs, expliquerait un peu l'image bucolique qu'ont les Français d'un voyage en Inde, et pourquoi le pays jouit d'une image aussi bonne dans l'imaginaire collectif frenchie... Donc, à Jaipur, on se laisse justement séduire par un chauffeur de Rickshaw qui baragouine trois mots de français et nous conduit tout droit dans ce qu'il y a de pire: Arnaque-mafia-street. Il nous est même interdit de laver nos vêtements nous-même, il faut obligatoirement passer par le laundry service exorbitant ! Nous, on décide de faire exactement tout le contraire... On lave nos fringues à la bonne franquette, et pour insister un peu, on fait même notre propre tambouille sur la terrasse, à l'aide du réchaud à kerosen et de la popote achetée la veille à Delhi. Et puis, je suis à fleur de peau, tellement froid et vif dans mes réactions que les arnaqueurs finissent par nous craindre comme la peste, n'osent plus nous adresser la parole et remballent leurs interdictions à deux roupies. Vive la compréhension entre les peuples ! Jaipur, ce n'est pas du tout ce que j'escomptais... Le Rajasthan signifie le "pays des rois", ça évoquait pour moi des palais de mille et une nuits, des princes enturbannés et des chefs-d'oeuvre d'architecture à couper le souffle. Malheureusement le palais du roi est en réfection, fermé et couvert d'échafaudages, du coup, Jaipur, c'est juste une grosse cité de deux millions et demi d'habitants, pas folichon... Ah ! si, il y a quand même la fête foraine... Avec sa grande roue un peu branlante, mise en mouvement par une grosse courroie en tissu qu'un opérateur enturbanné, assis sur une chaise de jardin fait accélérer ou freiner à l'aide d'une grande perche métallique. Avec Maxime au féminin, on se paye un tour dans l'une des gondolas de l'appareil. Et c'est là, dans l'alternance des paysages aériens et plus terre-à-terre qu'offre la rotation du gros machin, que Maxime m'apprend qu'elle quitte l'équipée sauvage pour voler de ces propres ailes dans ce grand pays. À vrai dire, ce n'est pas non plus comme si c'était la grosse surprise (je veux dire : pour moi, puisque vous, évidemment...) étant donné que le grand rêve de Max, c'était le voyage, oui, mais plus encore le voyage en solitaire. Se sentir vraiment tout seul dans un immense pays inconnu, se sentir vraiment petit et frissonner devant l'immensité des possibilités... Qui mieux que moi peut comprendre ça ? Un tas de gens sans doute, mais ce n'est pas la question. Et voilà ! Maxime partie, on se retrouve à deux, deux parigos qui se connaissent habituellement dans la répétition des Dimanches pas moins parigos à squatter des aparts tout aussi parigos en buvant de la bière belge et en écoutant de la musique transnationale. Le temps de deux ou trois jours, on ne quitte guère notre repère de vipères et on vit un peu ce genre de vie. Une petite pause... Ben ouais, ça fait tous les deux un bail qu'on est sur les routes, et une certaine forme de lassitude se fait un tout petit peu sentir à ce moment là. Puis, de nouveau, la bougeotte nous reprend. Changer de cadre, "chello" l'autre bout du Rajasthan, aux portes du "great indian desert". J'ai nommé : Jaisalmer et sa célèbre forteresse. C'est parti mon kiki ! Train de night. La lune est encore quasiment ronde, donc je ne dors pas, je squatte à la porte ouverte de mon wagon, et j'écris un peu. Je suis d'humeur lyrique...
Ghost train
Dans le silence du train à l'arrêt, on perçoit un son très faible qui pourrait être celui d'un lointain violon. Puis son intensité augmente, jusqu'à révéler sa vraie nature... C'est un monstre, qui s'approche, à toute vitesse et en hurlant de toutes ses trompes ! Le lugubre sifflet fait résonance sous mon crâne, et continue d'augmenter en puissance jusqu'à concentrer toute mon attention, et me paralyser de terreur. Une lueur se fait dans l'obscurité : ce sont les gros yeux ronds de la bête inoxydable (soi-disant) qui déchirent la nuit, révélant dans un éclair le paysage ferroviaire, jusqu'à me brûler la rétine et m'aveugler complètement. Puis, aussi sec, la pénombre se fait, ne laissant paraître qu'une vague silhouette du corps massif et vermiforme de la bête, qui semble fuir de toute son énergie la direction que je suis. L'effrayant vacarme, et la puissante secousse que provoque le passage du convoi, réveille, pour un instant, toute cette voiture et le sleeper qui, avec une précision d'un orchestre, se retourne sur sa couchette dans un souffle de voile froissé, et se rendort aussitôt. Alors que le son grave du sifflet s'éloigne, c'en est un autre, plus aéré, strident, celui du roulement de la rame à pleine vitesse qui s'engouffre dans mes tympans. Les fenêtres à barreaux défilent bien trop vite pour me permettre d'apercevoir l'intérieur des voitures. Les voyageurs, sans doute tassés à trois bestiaux par couchette, doivent dormir eux aussi, toutes les lumières sont éteintes. Des bras, ou même des jambes d'enfants qui n'ont pas trouvé à se loger à l'intérieur de l'habitacle pendent, inertes, au travers des barreaux. Et le train passe. L'effet de souffle, bien appréciable en cette saison, cesse. J'observe les deux lanternes de queue scintiller d'un rouge un peu faiblard, et qui dessinent dans l'humidité de la nuit comme deux sillons de feu. Je surprends, sur le bord de la voie, un cheminot à casquette des chemins de fer indien, muni de son drapeau vert, et qui comme moi, se concentre un instant sur la signalisation arrière du train. Celles-ci sont bien présentes, le train n'a pas perdu en marche quelques-uns de ses wagons de queue... Les cliquetis métalliques de roulis s'évanouissent peu à peu dans la pénombre, tout comme les deux lanternes rouges qui fermaient la marche. Et puis, de nouveau, c'est le silence. ... Au petit matin, notre train arrive en gare de Jaisalmer. On zape les rickshaws harceleurs et ultra collants, les racoleurs d'hôtel et les dealers de tout poil le temps d'un p'tit déj aux ships et sodas dans une gargote en face de la gare. L'un d'entre eux, après s'être approché à pas de chat et nous avoir accosté le plus poliment du monde (il a dû nous voir envoyer bouler les autres de la bonne manière), avec, à la main, le prospectus d'une guesthouse et en photo, une piscine. Il nous propose d'emblée un prix raisonnable, même discount, ce qui est fort inhabituel. Il a dû sentir qu'on ne serait pas trop faciles à pigeonner. C'est la piscine qui nous séduit. J'en rêve quasi-toutes les nuits ! Ben ouais, parce que c'est sous-entendu, mais il fait toujours aux alentours de cinquante degrés à la mi-journée, et puis, là on est quand même au milieu du désert ! Donc, on se paye ce luxe très abordable, et sitôt on se débarrasse de nos bardas qui profitent du ventilateur de notre room, hop ! on se tape un ptit plongeon. Oh que ça fait du bien... Ca fait partie des trucs qui ne se racontent pas. En sortant du bassin, on monte sur le toit de l'hôtel, et là, wouahou ! C'est la grosse surprise, l'émotion visuelle qui fait digérer tout le reste. Elle est là, énorme, majestueuse, couleur sable, perchée sur une grosse dune. La citadelle de Jasailmer et son chemin de ronde de plus de cinq kilomètres. Une vraie carte postale. Du coup, on se rhabille, tout pressés qu'on est de découvrir l'intérieur du bâtiment moyenâgeux. Les ruelles étroites et hautes offrent un peu d'ombre vitale. On déambule, le nez pointé vers le ciel, tout émus qu'on est de cette architecture très particulière, mélange de grosses pierres de taille et d'un ciment sableux travaillé comme de la dentelle. C'est à Jaisalmer que le Rajasthan tient ses promesses et nous propose les fastes d'un passé glorieux... Et puis, Jaisalmer ça fait grand maximum 30.000 habitants (dont 5.000 vivants à l'intérieur de la citadelle, ce qui la rend vivante, contrairement à nos châteaux fort musées), autant dire la campagne profonde, pour l'Inde. Of course, le site souffre d'une surexploitation touristique, qui oserait prétendre le contraire ? (à part Fram qui vous vendrait sans doute le truc comme "d'une authenticité parfaite, un voyage de rêve au coeur des milles et une nuit, à la rencontre des caravanes de bédouins et des princes du désert", je vois ça d'ici ! Ah, les vaches...) Néanmoins, le fait que ce soit un gros bourg change pas mal de choses. L'agression-au-porte-monnaie est un petit peu moins violente, et la population plus respectueuse qu'à Jaipur. Shanti, shanti, comme on dit dans le coin (tranquille, tranquille). De toutes façons il fait definitely trop chaud, les arnaqueurs en puissances dorment le jour. Donc, c'est suffisamment calme pour pouvoir faire abstraction des indésirables. On se la coule douce sur le chemin de ronde, sur les toits-terrasses des restos (de cuisine italienne !) dits panoramiques, ou à l'ombre d'un canon sur l'une des 99 tours du site. Vous ai-je dit qu'une nouvelle bestiole a fait son apparition dans le paysage ? Il s'agit du dromadaire à une bosse, on le voit partout. Dans les rues de Jaipur, et maintenant de Jaisalmer, ils sont utilisés pour tracter des "camel-cars", souvent des citernes d'eau potable. Et puis, les chameaux, ils sont aussi en photo dans toutes les vitrines des (trop) nombreuses "agences de voyage" locales, qui proposent des "camels-tours" all inclusive dans le désert tout proche. C'est vrai qu'un ptit tour en chameau sur les dunes de sable toutes proches, ça pourrait être sympa. Sauf que... Sauf que, les accompagnateurs-conducteurs-animateurs-guides-secouristes-dentistes-cuisiniers, les "tentes de campagne d'officiers Suisse avec ventilateur", les "nuits du désert avec 200 danseuses du ventre", auxquels j'ajouterai la probable compagnie des membres d'un car de touristes Allemands en short, c'est sans doute beaucoup moins sympa. Disons un peu chouilla surperflu. Et même, une fois, un type qui racole devant sa boutique nous dit qu'avec nos tuniques pakistanaises et nos turbans sur la tête on ressemble à d'authentiques maharajas, et qu'il verrait bien pour nous deux une caravane de quinze chameaux ! Il nous ferait même une ristourne parce qu'on est ses "french friends". Mais nous, on a de la suite dans les idées.... Le plan consiste à se rendre by ourselves dans un village aux portes du désert, de chercher des fermes de chameaux et de discuter directement avec les chameliers. Commerce efficace et équitable, sans intermédiaire qui prend 300 ou 400 pour cent de commission et paye ceux qui bossent vraiment (à savoir les Gitans qui nous conduisent dans le désert) une misère. Évidemment, tout est prévu pour décourager le voyageur entreprenant, et il est évident qu'aucune des agences de voyages ne nous renseigne sur l'existence du bus qui va à Khuri, le fameux village de gitans au seuil de la grande étendue sableuse, et qui ne coûte que vingt roupies par personne (environ 40 centimes d'euro) pour une heure de trajet. Mais vu qu'on est malins comme de vieux singes Rajhastannais, et bin on trouve quand même, nananere ! Khuri, c'est vraiment un village. En inde,ça fait presque bizarre de voir une agglomération aussi shota (petite). C'est sauvage, et plutôt sableux. Un village du désert, dont les huttes sont bâties en bouses de chameaux et sable agglomérés, bref, c'est du jaune posé sur un décor tout aussi jaune. Après avoir posé nos (trop) volumineuses effets personnels à la Arjun family guesthouse, on déambule dans les chemins, à la recherche des camelfarms et des cameldrivers. Pas très difficile, il suffit de suivre les traces de chameaux ! Celles-ci mènent tout droit aux différents puits que compte le village, et autour desquels s'activent ces gitans du Rajasthan, hommes, femmes et enfants, tantôt remplissant des camel-cars-citernes, tantôt transportant sur leur têtes des jarres de terre remplies du précieux liquide. On fait un peu connaissance, merci Maxime qui, à force de persévérance, finit par comprendre et se faire comprendre en hindi. On comprend que, même ici, il nous sera impossible de traiter directement avec les camel-drivers, il y a une sorte d'accord tacite entre les pros du tourisme, et les pros des chameaux n'acceptent pas de traiter directement avec les étrangers. Du moins, c'est ce que je crois comprendre. Du coup, on passe par Arjun, notre "hôte", en lui imposant un truc épuré : tout ce qu'on souhaite, c'est trois chameaux, et un mec qui connaît les chemins du désert, baass. On arrive à se mettre d'accord sur un prix qui nous semble à peu près raisonnable. Le lendemain, c'est le grand départ. La conduite des chameaux s'apprend dans les grandes lignes en quelques minutes, c'est pas ce qu'il y a de plus compliqué, ces bêtes-là. Et puis, à la pause-déjeuner, je suis d'humeur lyrique.
Great Indian Desert
Le bas de mon Shawar-camis (tenue vestimentaire musulmane commune du sous-continent) claque au vent comme une voile de bateau ou se gonfle à la manière d'un parachute. A vrai dire, je préfère ce ciel nuageux et venté à un autre, parfaitement clair et produisant une chaleur insoutenable. Du moins, tant que la météo n'évolue pas en tempête de sable... Maxime est allongé sur sa couche, dos au vent, les yeux protégés du sable par un tissu. Il se remet tout doux de cette première matinée à dos de chameaux, avec l'entrejambe endolori qui signale d'ores et déjà son désaccord quant à ces projets chamelesques. Gopal, notre camel-driver, s'occupe du Lunch : potatoes, shawar (riz), sabzies, et chapatis chauffent shanti-shanti sur les flammes jaunes du feu de bois. Ses moustaches anglisantes frémissent, elles aussi, au rythme des bourrasques. Et puis le "gosse", Amarat, petit homme de 14 piges, rassemble du bois mort pour alimenter le feu, tout en surveillant d'un oeil averti les trois chameaux qui déjà se sont dispersés dans toutes les directions à la recherche de quelques genêts ou autres maigres branches d'arbustes à machoter. Et moi, moi, je tente de saisir au mieux l'air du vent, et d'imprimer quelque part dans mon cerveau cette image tranquille de ces immensités quasi-désertiques et sableuses (pour faire de beaux rêves plus tard). L'arbre sous lequel nous nous sommes arrêtés est seul, isolé au centre d'une dune en demi-lune qui compose un chemin de ronde naturel. Il a le tronc bien régulier, gros et bas, et des branches qui partent à l'horizontale dans toutes les directions. Les fines grappes de feuilles qui naissent de cette structure de branches forment une espèce de parasol végétal... et musical. Les bourrasques s'essaient à la flûte dans son feuillage, tandis que les coeurs puissants d'oisillons affamés s'accordent sur cette modale, interprétant ainsi, sous la direction hasardeuse des aléas du vent, la célébrissime symphonie pour Désert et Chameaux de manière admirable. Mon cerveau a été pas mal secoué par le déhanchement rude de la démarche dromadairienne durant ces trois premières heures sur le dos de la bête. Une grande première... Youpi !! Et c'est parti pour quatre jours à chamocher dans les dunes, magnifique, fantastique désert ! Je dois reconnaître qu'après si peu de temps, c'est déjà fort douloureux au niveau de l'entrejambe... For sure, il va falloir faire abstraction de la douleur physique, de la transpiration excessive qui rende les vêtements poisseux malgré l'air très sec, du sable qui fouette le visage, du goût désastreux de l'eau croupie et micropurée, de l'haleine pas racontable de ma monture, du repas-thalis-indien-standard-tous-repas infâmes, et sans doute les journées qui vont suivre formeront une expérience mémorable ! ... Ce le fut... Mais l'abstraction nécessaire à laquelle je fais allusion ne fut que partiellement réalisée, c'était un peu utopique... Le deuxième jour, mes inner clothes ont succombé, le troisième jour d'énormes ampoules apparaissent, du coup on abrége d'une journée. Ce que je ne réalisais pas non plus sous mon arbre, c'était la chaleur... Le temps était couvert, et après quelques gouttes de pluie qui n'ont rien rafraîchi du tout (mais nous ont obligés à trouver refuge dans une cahute de berger du désert en plein milieu de la nuit), les nuages se sont dissipés et la cuisson de nos corps et de nos esprits a commencé, pour ne s'arrêter qu'à notre retour à Khuri. Le désert, effectivement, c'est quelque chose qui marque. Physiquement, ses habitants, ces gitans du Rajasthan qui s'usent plus vite que les autres, et qui à vingt ans en paraissent le double. Et mentalement, les voyageurs de passage comme mon compagnon et moi. D'abord, les images. L'immensité... Et si peu de vie. A vrai dire le Great indian désert n'est pas un désert complètement aride comme le sont les étendues sableuses Sahariennes. Une subtilité climatique qui s'appelle la mousson fournit, deux mois par an, de l'eau, qui va permettre à certains végétaux opportunistes de coloniser un peu l'espace. Évidemment, c'est pas non plus la jungle ! Il y a des genêts qui poussent ça et là sur les dunes, parfois un arbre. Du coup, il y a aussi des bergers, et des troupeaux de moutons ou de chèvres squelettiques qui se partagent le désert. Et puis, d'un coup, il arrive que la végétation cesse, et ce sont les dunes de sable, vierges de toute vie, qui s'étendent, fascinantes. Pourquoi ces étendues hostiles à quasiment toutes les formes de vie fascinent elles autant l'être humain ? Je n'en sais trop rien, mais j'ai également été fasciné. Fasciné par cette chaleur, cette aridité, la dureté du milieu. La nature, que j'aime tant, propose ici une variante en forme d'épreuve de tous les jours, psychologique au plus haut degré, et d'une manière différente de celle de la montagne. En effet, si les pentes escarpées, les pics et les sommets enneigés offrent des points de vue spectaculaires et variés, récompense irremplaçable du grimpeur ou du marcheur, le désert, lui, n'est pas si généreux. Après trois jours de marche, le milieu est toujours strictement identique, l'effort produit est invisible et se dissout dans les immensités trop régulières pour se rendre compte de l'avancement. Plutôt ingrat ! Laisse ton ego à l'entrée, il ne te sera d'aucun secours, discute plutôt avec ton chameau ! (mais pas de trop trop prés) L'animal, taillé pour le désert, a des raquettes de ping-pong montées sur rotules en guise de sabots. Bien pratique pour ce qui est de marcher dans le sable. Par contre, intellectuellement c'est un poil limite le bestiau, difficile de tisser des liens de confiance et d'amitié. L'homme qui murmurait à l'oreille des chameaux, c'est Gopal, notre driver ! Le pauvre homme est bègue au dernier degré, sauf quand il parle avec ses bêtes ! Personnellement je n'ai pas insisté dans la psychologie chamelesque, je me suis contenté d'être reconnaissant qu'il ne m'ait pas flanqué par terre, parce que c'est sacrément haut, le machin... D'ailleurs, on monte sur le chameau assis, et la première fois qu'il se lève, wouaou ! On prend de l'altitude, gare au vertige... De ce point de vue aérien, le désert offre malgré tout, dans la routine de ses paysages ocres, quelques belles surprises.... Comme ces "champs de puits", parcelles de sables à première vue semblables à toute autre, que l'homme a perforé en divers points pour recueillir le trésor qu'elles dissimulent : l'eau. Et de l'eau claire, et de l'eau fraîche, s'il vous plait ! Impossible pour qui ne l'a pas connu d'imaginer le plaisir d'un bain dans un petit abreuvoir d'eau fraîchement rempli, alors qu'il fait cinquante degrés et que l'on chamoche depuis des heures. Et les yeux des bêtes, chèvres, chameaux, oiseaux, chiens, qui tous s'agglutinent et louchent sur cette flaque d'eau que l'on a puisée pour l'occasion, attendant patiemment la fin de nos bains pour déguster le nectar qui restera dans le bac de pierre, une fois terminées nos ablutions... Une autre fois, alors que l'on atteint un village de cahutes, je découvre un abreuvoir circulaire d'au moins cinq mètres de rayon, que je prends tout d'abord pour un mirage de piscine, et qui se révèle être plus vrai que vrai ! Je ressens encore la fraîcheur du vent de nuit glissant sur ma peau, tandis que j'observe dans un calme absolu une voûte céleste chargée d'étoiles brillantes, bien loin de l'Homme, de ses gesticulations bruyantes et de sa pollution lumineuse... Retour à Khuri, retour à Jaisalmer, en bus, comme à l'aller. Cette fois-ci on choisit une guest-house à l'intérieur de la citadelle, histoire d'avoir le meilleur contact avec la vieille pierre. On se la re-coule douce dans les ruelles encombrées de vaches, et sur les terrasses de restos tibétains. Et puis Max fait un peu mieux connaissance avec l'un des gitans qui est là tous les jours, au pied d'un arbre sacré, à jouer quelques airs de ravahttha et tenter de vendre son instrument à quelque touriste en short, de passage. On se fait inviter pour le soir chez lui, pour voir d'un peu plus près ces musiciens gitans du Rajasthan.
A ce moment, l’Inde se laisse enfin approcher... Loin de la folle citadelle qui souffre de surexploitation touristique chronique, dans l'ombre imposante de ses 99 tours, un village, appendice pauvre de la cité fortifiée, construit à flanc de colline, et en bouse de vache. L'odeur de la cuisine au feu de bois qui chauffe un peu partout brûle un peu les narines. Des gamins, nus et couverts de poussière, nous observent avec des yeux gourmands, tout ronds et tout noirs. Nul ne tend la main ou ne se précipite en apercevant ces étrangers qui, une fois n'est pas coutume, se rendent dans ce quartier, dans ce bas-fond comme diraient sans doute ceux qui n'iront jamais. Pendant que des tuniques brillantes s'agitent autour des feux ou vont, pieds nus, dans les allées sableuses, les hommes font de la musique, jouent avec les mômes ou réparent quelque mur fragilisé en y plâtrant de la bouse fraîche. Et oui ! Les gitans du Rajasthan sont definitely des musiciens... A l'image de Jagdish, notre hôte, qui au Pakistan porterait le titre de "Khan", professeur et expert de la musique reconnu par ses pères et adorés par ses élèves. En Inde, le mot "adorer" convient d'autant mieux que les musiciens doués et inspirés sont considérés comme des demi-dieux, voire comme des divinités à part entière pour un ancêtre particulièrement réputé. Jagdish est donc tout naturellement entouré de quelques élèves, musiciens, tablaïstes, chanteurs, et autres. La maison de notre hôte est des plus sommaires, vu qu'elle comporte en tout et pour tout deux murs et un toit Mais qu'est ce que le confort matériel lorsque l'on a l'amour de son art ? Le soleil se couche en musique, et nous écoutons avidement ces sons d'ici, ces sons d'ailleurs, le talent intemporel d'un homme et de la mémoire musicale de son peuple. ... Finalement, Maxime achète des Tablas, les percutions symboles et indispensables de la musique du sous-continent, moi j'achète des Cartall, qui ressemblent a des castagnettes sommaires, ainsi que plusieurs guimbardes et un Ravatha. On quitte ce lieu un peu fabuleux juste à temps pour choper le train. Dans 36 heures, nous seront 1.200 km plus à l'est, dans la folle cité religieuse de Bénarès. Nous dormons plus de trente heurs sur les trente-six. Pendant ce temps -à, la mousson, qui pour l'instant était encore un peu hésitante et jouait au jeu du j'y vais j'y vais pas, a fini par se décider et commence à décharger sa fureur aqueuse sur le Nord de l'Inde... Et puis Varanasi (ou Bénarès : les deux noms désignent la même ville)... Varanasi, c'est l'Inde extrême, dans ce qu'elle a de meilleur comme de pire. Sans doute la ville la plus religieuse de l'inde, et aussi la plus touristique. Ouh, la, la... Vous vous dites que je vais pas aimer, que je vais encore m'embrouiller bêtement et prendre pour des attaques personnelles ce que je pourrais ignorer royalement. J'ai lu maintes fois "l'Inde, soit tu adores, soit tu détestes..." Alors sans doute aurais-je détesté, si les choses étaient aussi bêtement manichéennes. Heureusement, cette phrase ne veut rien dire du tout. L'inde est à la fois éprouvante et enrichissante au plus haut degré. La preuve.
Learning is to never finish in India...
Learning is to never finish in India... D'abord, tu apprends sur l'autre. Le pouvoir de l'argent et la faiblesse des hommes, prêts à concéder jusqu'au dernier degré de dignité pour quelques roupies te saute à la gueule. J'apprends la méfiance, j'apprends à désapprendre, à remballer la confiance directe, sorte de relation humaine naturelle que j'ai découverte au Pakistan. Is to never finish... De là, tu commences à apprendre sur toi. Introspection... Un postulat, une conviction. Garder l'esprit ouvert, n'est-ce-pas ? Aware... Sinon autant rentrer au bercail right now, et devenir chauvin (En même temps, la France est quand même la reine des fromages...) Après avoir été dur avec un type, je me demande si celui-ci le méritait vraiment ?
To never finish... Un esprit sain dans un corps sain ?? Les chaleurs inhumaines, suivies d'atmosphères ultra humides, le tout cumulé au manque d'hygiène affaiblissent considérablement le corps du blanc (bec) que je suis, qui ne parvient plus ni à assimiler les nutriments proposés, pas plus qu'à se reconstituer lors de sommeils trop légers. Cela affecte considérablement le mental, et la lutte pour maintenir une certaine intégrité, une cohérence du jugement, devient continue. Pas de repos...
Vous avez dit Varanasi ?
L'histoire commence comme d'habitude, à savoir : a peine sortis du train, les chauffeurs de ricshaw nous tombent dessus avec des "come with me my best friend I will give you the very best rate, show you the very best place, et patati patata", à gerber. Maintenant ça ne dure plus très longtemps, et on a même pas besoin de s'énerver : nos mines fermées et emplies de dédain, et les regards noirs que nous leur jetons se passent de mots. Un gars, plus persévérant et largement plus poli, attend que ces guêpes aient déguerpi pour nous proposer de lui même la course au tarif normal. Même de ça, je m'en méfie maintenant. Surtout que l'hôtel qu'on avait visé est en travaux, et qu'il nous conduit dans la guest-house de son "close friend". Depuis l'épisode de la mafia jaipurienne, je ne suis plus dupe... Je ne saurais dire exactement la nature de ce petit quelque chose qui se sent dans l'air, et qui fait que Varanasi est une ville à part, une ville de passion palpable. Serait-ce le mélange des communautés indu et musulmane ? La quantité et la diversité des animaux qui cohabitent avec les humains ? Ou bien les milliers de temples colorés, d'effigies de dieux inconnus, la diversité des rituels ? Ou peut-être les Hazan qui se mêlent aux mantras à toutes les heures du jour et de la nuit? Les micro-ruelles de la vieille ville, encombrées de vaches énormes et étrangement calmes au lever du jour ? Ou peut-être les Gaths, ces terrasses qui bordent le Gange et dont les majestueux bâtiments, petits palais ou temples sacré la font ressembler dans les brumes matinales, je ne saurais dire pourquoi, à un port ou tout autre chose.... La mousson bat son plein désormais, et déverse des trombes d'eau du matin jusqu'au soir, et même toute la nuit. L'eau s'infiltre partout, et une rivière coule en continue dans notre chambre d'hôtel. Ca limite un peu les possibilités. Je vous l'ai dit, j'ai une affinité particulière avec cette ville, sans pour autant l'avoir encore vraiment visitée... Trop de temps passé dans ce café-net ! Ce matin, au lever du jour (déjà levé ou pas encore couché ?? Hum, hum...) j'ai quand même arpenté la (très) vieille ville jusqu'aux Gaths, avec mon Minolta que j'ai scotché dans des sacs en plastique pour tenter de l'étanchéifier un peu. Et puis, depuis la fenêtre de notre chambre, on prend du temps pour observer les singes.
Urban monkeys
Les singes vont, de toits en toits. Ils évoluent selon des mouvements à la fois souples et marqués, pas vraiment gracieux, quelque chose entre le chat et l'homme. Ils marchent, bien en appui sur leur quatre mains ou, bandant subitement tous leurs muscles, se projettent dans une détente parfaite jusqu'au toit voisin, une gouttière, un gros fil électrique. Sur le dos des femelles, pas encore aguerris à cette voltige urbaine, les petits se cramponnent... Des colonies passent... Le plus souvent, un groupe de femelles et leurs petits, accompagné d'un énorme mâle. Ils ont l'air de se balader, comme le feraient les humains et vont, sans ne jamais descendre au dessous du deuxième étage des constructions, débonnaires, à travers les ruelles tortueuses de Varanasi. D'ailleurs, ici toutes les fenêtres sont protégées par des barreaux, pour éviter toute intrusion de ces quasi-concitoyens indésirables et turbulents. Ce qui ne les empêche nullement de s'agripper aux barreaux, et même d'aller de fenêtres en fenêtres. Alors, on peut les voir, convoiter d'un regard amer les vivres de leurs grands cousins hominidés, chiper une banane qui aurait été oubliée à portée de bras de singe, ou encore faire d'horribles grimaces pour effrayer les gamins. Pendant ce temps, deux niveaux plus bas, parmi la foule chaotique d'individus, de motos rafistolées et de rickshaws klaxonnant à tout va, imperturbables, les vaches s'avancent en tout sens, de ce même pas nonchalant. ... Et voilou, et voilà ! Mesdames et messieurs, ce sera tout pour aujourd'hui, et c'est déjà pas mal... Ca vous fera un peu de lecture à imprimer et à lire sur la plage, sa changera du polar de mauvaise qualité que vous ne parvenez pas à finir... Publié à 12:55, le lundi 16 juillet 2007, Mots clefs : { Page précédente } { Page 18 sur 47 } { Page suivante } |
en chantier...
Désolé !
Derniers articlessolitudes transibérinnes hors du tempsLa mongolie, c'est... D'la poesie !! Grand froid, me voilà !!!! Hors sujet (ou presque) : petit voyage dans le temps. Bienvenue à Ulaanbaatar, Mongolie. La température extérieure est actuellement de -12 degrés, le soleil vient de se coucher et on devrait atteindre les -25 d'ici une heure ou deux. Wouahou !! Vivifiant J'enfile trois ou quatre pulls, et c'est parti pour la Mongolie... Youpi !!! Trust me it's hard to leave the Ucool Hostel, Shanghai... Le train du toit du monde (bis - pour de vrai) Soit dit en passant (du côté de Shanghaï, China) Lhasa Lhasa - Pekin : 4500 km à bord du T28 le train du toit du monde Huge landslides on the Katmandu to Lhasa route Un second depart... Aventure au Nepal part two : Hiking in the God's gardens Aventures au Népal part one : cycling in Boudhism mood KATMANDU !! Varanassi, bout pasend e... Challo Katmandu, kio nai ? Great Indian desert Un ptit coucou de New Delhi Pélerinage - paisa - ... Ce n'est qu'un au revoir... Trecks and road-trip in northern areas Comme un rêve de gamin II... Toujours au Regale, mais plus pour très longtemps... EN VACANCES (pour quelques jours) AU REGALE INTERNET INN HOTEL, LAHORE (!) From the Regale internet Inn Hotel, Lahore Un p'tit coucou planqué de Zahedan... De la part de MonPapa! From my father ! Comme sur des roulettes ! To go like clockwork ! 1386 l'annee du rire et de la bonne humeur perse ! Norooze J - 3 Fire jumping, fireworks and funny molotov cocktails Extreme Tehran ! Premier pas en Iran : meet people in Tabriz Far-east Turkey DOGU EKSPRESI, porte moi loin d'ankara ! Ankara : Premieres ımpressions (a chaud) Jour-blanc sur Erciyes Dagi; Full tourism day in Cappadocia... Dernière nuit a Istanbul Flaneries Istanbuliennes Good Bye Bulgaria, cocasseries ferroviaires, Hi Istanbul... On the road again... Aie, aie, aie... Bansko ski resort in Bulgaria C'est parti ! avant le départ : Les enfants de Don Quichotte Lienssublastart ! (Salut les potes !)Les enfants de don quichotte ABM : l'asso des globe-trotteurs Les fermes bio worldwide : WWOOF Votre empreinte ecologique Hotels bon marche worldwide Conseils de la diplomatie francaise LE foum du voyage (francophone) Hospitalıty Club SOYEZ JOZé BOVé !! Rencontres a Istanbul : ce couple fait le tour du monde a velo tour.tk Waterworldwide : Le site d'adrien le french routard Le blog de mon pote Yann a Auroville AmiskopetoNewsletterSaisissez votre adresse email |