Aventure au Nepal part two : Hiking in the God's gardens

ANNAPURNA ROUND CIRCUIT


Lorsque j'imaginais ce voyage, depuis mon petit appartement de la Rue Doudeauville Paris XVIII, je me voyais déjà me promenant sur ces sentiers du "toit du monde", découvrant la nature brute et belle, me mêlant un peu à ses habitants, et m'imprégnant de leur culture multimillénaire... Pour mon ami Maxime, l'aventure de la marche en montagne "au long cours" fut une grande première, expérience qui, je l'espère, sera suivie de bien d'autres du même genre...

La saison des pluies n'est point encore achevée, et il faut dire que cette année elle s'étire étrangement dans le temps... même au fin fond de l'Himalaya, les forces de la nature semblent être irrémédiablement affectée par l'action de l'Homme, la mousson se dérègle progressivement au fil des années à cause du réchauffement climatique dont on parle tant-le plus souvent avec bêtise ou mauvaise foi- pour finalement ne pas dire grand-chose. A Katmandou, nous rencontrions nombre de "treckers" ayant renoncé à leur sport favori pour cause d'humidité persistante... Mais tout cela ne devait pas nous décourager et, bien au contraire, comme nous le verrons par la suite, nous en fîmes notre parti, faisant abstraction des aspects négatifs (et humides) dusà la saison, voir inventant tout un tas d'aspects plus plaisants. En effet, nous n'allions guère rencontrer d'occidentaux sur ces chemins, pourtant réputés être des "autoroutes piétonnes" durant la "saison de treck", qui habituellement commence début septembre. Pourtant, force m'est d'avouer que sur 17 jours de marche que je relatais avec précision dans un carnet de bord, j'inscrivais la pluie sur ces pages pour 15 journées... Mais comme nous l'avions prévu, à aucun moment l'ambiance pour le moins humide, voir liquide (!) ne gâcha notre plaisir, et nous nous habituions à jongler avec les averses, à avancer ou retarder notre temps de marche,et à enfiler tous les matins des vêtements qui ne devraient finalement jamais sécher... Ces petits désagréments furent très largement compensés par la joie de parcourir des chemins désertés des étrangers, et par la contemplation du balai de nuages ou d'autres phénomènes atmosphérique que sans doute assez peu d'occidentaux eurent le loisir d'observer comme nous le fîmes. Les photos en témoignent ! Avez vous vu ces mers de nuages laiteux se formant au plus profond des vallées, puis montant et se déchirant, pour finir aspirées par les cieux à une allure vertigineuse ? Ou encore ces éclaircies, qui semblaient nous designer comme d'un index divin des points particuliers sur les reliefs, ou bien tracer de lumineuses démarcations, découpant les montagnes en tranches horizontales ? Je vous souhaite de vous être émerveillés devant le vert profond de la végétation gorgée d'eau comme à aucun autre moment de l'année. Les photos habituellement prises lors de "l'Annapurna round circuit" (il y en a des milliers sur le Net) présentent en général un ciel parfaitement bleu délivrant une lumière strictement homogène, et surtout des sommets qui s'offrent bien en évidence à la vue du marcheur, sans aucune pudeur. Les hauts sommets, nous ne les apercevions que très brièvement, quelques instants lorsque ceux-ci, récompensant ainsi les efforts de plusieurs journées à mettre un pas devant l'autre, souvent dans la boue et avec nos chemises trempées nous collant à la peau, daignaient se dévêtir de leurs lourds manteaux de brume, pour bien souvent se recacher presqu'aussitôt, semblant disparaître pour toujours du monde des humains. Merci pour le spectacle, oh, grands Dieux des Annapurnas !

Un autre choix qui fut le nôtre, et qu'une fois encore nous ne regrettions à aucun moment fut celui d'entreprendre l'aventure de manière autonome, I mean : No guide, no porter. Combien de fois nous aurions à répéter ces quatre mots, au passage des nombreux check points qui jalonnent le sentier ! Bref... A Katmandu, lorsque je prenais des informations dans les "bureaux de trek" et y achetais les cartes adéquates, on essaya systématiquement de nous dissuader de tenter l'expérience de cette manière. Mes interlocuteurs mettaient bien trop d'insistance à essayer de me refourguer un guide, douze porteurs et quelques ânes absolument indispensables (technique de vente made in india, vous le savez, ça me file de l'urticaire), alors qu'à la lumière des cartes et guides que je consultais, il me sembla que l'effort physique pouvait être facilement découpé et géré, et que la route ne présentait guère de difficultés techniques particulières. Finalement, d'autres détails que je glanais auprès de locaux familiers de ce massif ou d'autres marcheurs me confortèrent dans l'idée que guides et porteurs (très cher of course) étaient fort peu use full. Après allégement drastique de leurs bardas, il était clair que deux jeunes hommes dans la force de l'age seraient parfaitement capable de porter leurs affaires sur leur dos sur cet itinéraire. Annapurna, nous voila, C'est parti, youpiiii !

Nous quittions ainsi Katmandu pour Pokara, en bus, puis réglions sur place les dernières bricoles, avant de quitter pour de bon le confort de la civilisation moderne : retrait de liquidités suffisantes, achat des permis de trek indispensables, ainsi que de quelques vivres de survie (ce qui soit dit en passant, s'avéra parfaitement inutile, mais on n'est jamais trop prudent n'est-ce pas ?). Maxime, qui lui n'avait pas spécialement envisagé ce petit tour dans les montagnes (il fut facile à convaincre...) s'équipe également en matériel de base : sac à dos et chaussures appropriés, contrefaçons népalaises hors norme ! Toute la journée, une pluie diluvienne s'abattit sur la ville, transformant les rues inclinées en véritables torrents, les autres en de larges et profonds étangs, ce qui cette fois-ci nous laissait présager le pire pour les trois semaines à venir...

Le départ "classique" du tour n'est pas exactement à Pokara, mais à 70 km de là, à vol d'oiseau, un bled du nom de Besi-Sahar.
Rejoindre Besi-sahar nous pris... toute la journée du lendemain. Ce jour-là, il ne plut pas, et c'est sur le toit des bus que nous effectuons le (long) trajet, profitant ainsi d'un panorama à 360* fort prometteur et de la douceur de l'air des montagnes. Après une nuit passée dans une auberge crasseuse, c'est le grand départ !

Une journée de chauffe. Les topos donnaient 4h de marche, on s'étale sur huit heures pour atteindre notre village-etape, arrosés par une pluie légère, mais continue. À partir de ce jour toutes nos affaires sont trempées et ne sécheront plus jamais... ça, c'est fait ! Nous découvrons la vallée encaissée et jungleuse que nous allons remonter pendant dix jours. Il nous faudrait passer de 830 à 3800m, altitude officielle de Manang, l'objectif idyllique que nous désignent des panneaux d'indication à chaque intersection douteuse depuis les toutes premières minutes de marche. Manang, Manang... Voilà bien un nom qui allait entretenir notre imagination et nos espoirs pendant le jour, et meubler nos rêves durant les nuits humides passées dans nos draps mouillés.

Je vous disais tantôt que les chemins de l'Annapurna étaient désertés par les touristes durant la "rainy season", cela ne signifie pas que nous ne croisons personne durant les heures à marcher, loin s'en faut. Les très nombreux villages qui jalonnent le sentier, vivant des ressources que prodigue la nature domestiquée sous forme de terrasses (riz, mais, blé, épinards, fleurs et un peu d'élevage de moutons, de chèvres et de yaks), sont continuellement ravitaillés par de nombreux porteurs. Ceux-ci chargent d'incroyables fardeaux sur leur dos, fardeaux maintenus par une simple courroie de tissu qu'ils placent... sur leurs fronts ! Vaisselle, fours micro-onde, boissons en bouteille, poules vivantes dans leurs poulaillers mobiles, éléments de clôture, de tuyauterie, de toiture, rien n'est trop lourd ou trop encombrant pour ces super héros des sentiers, qui vont en sandalettes, parfois nu-pieds, et grâce à qui subsiste toute l'économie de la vallée. Il y a bien quelques caravanes de mulets, mais les pauvres bêtes ne peuvent guère porter plus de vingt kilos, et encore si l'encombrement de la charge est réduite, sur ces chemins escarpés, souvent défoncés. Les plus agiles et robustes des Sherpas, quant à eux, peuvent porter sur leur dos plus de 70 kg, et ne craignent guère d'emporter quelque plaque de tôle dépassant de plusieurs mètres au dessus de leur tête, et leur tombant jusqu'aux chevilles... Au fil des jours, le visage de certains Sherpas qui vont également sur les sentiers de Manang nous deviennent familiers, et nous nous retrouvons, étape après étape, parfois dans la même auberge.

Les paysages que nous avons le loisir de contempler ces premiers jours sont composés d'une alternance entre nature domestiquée en terrasses qui remontent souvent très haut sur les flancs de la vallée pourtant très encaissée,et nature complètement sauvage, règne d'une végétation extrêmement dense et touffue, de type jungle tropicale. D'après la carte, le sentier ne devrait pas s'éloigner du lit de la rivière qu'il enjambe fréquemment par le biais de ponts suspendus long et fin, que souvent je m'amuse a faire onduler comme un serpent en marchant d'un pas lourd (maxime ne trouve pas cela si amusant), ou sur lesquels nous nous plaisons a "faire la pause". Suivant qu'il coule sur une pente douce ou plus abrupte, le cours d'eau est tantôt large et calme, tantôt furieux torrent grondant et bouillonnant. De très nombreuses cascades, dont la chute verticale dépasse souvent les 200m viennent ajouter leurs eaux à ces flots turbulents. Bien souvent, nous marquons une pause pour nous extasier devant la beauté, ou la violence de ce torrent qui nous guide, et parfois nous le maudissons. En crue et ayant emporté une partie de notre chemin, il devient régulièrement un obstacle qu'il faut contourner en empruntant de très anciennes routes qui peuvent monter très haut dans la montagne, sous la forme d'escaliers irréguliers tue-les-cuisses à souhait, ou de raidillons tout aussi pénibles, pour redescendre aussi sec d'une manière tout aussi agréable... Il arrive que, ayant ainsi monté, puis descendu pendant plus d'une heure, nous apercevons quelques dizaines de mètres en arrière, submergé par les flots, l'endroit d'où nous avions quitté le chemin principal. J'estime que cette petite plaisanterie un chouilla répétitive aura globalement augmenté d'un tiers le dénivelé et la distance que nous avons parcourus, pour un total d'environ 6000 m de positif et probablement plus de 190 km. Vive la nature et ses petits caprices !

Le 8 eme jour nous devions atteindre Manang. Ce jour-là, nous étions en pleine forme physique, et profitions on ne peut mieux de cette journée qui devait être, by far, la plus spectaculaire de toute la randonnée. Le matin, il pleuvait beaucoup, et nous progressions à l'intérieur d'un nuage très dense, une vraie purée de pois, traversant sans nous y arrêter quelques villages à l'aspect rendu fantomatique par les brumes épaisses. Et puis brusquement, nous sortîmes du nuage par au dessus, et ce que nous vîmes alors restera à jamais gravé dans ma mémoire. Sans trop m'avancer, je peux affirmer que mon ami se souviendra lui aussi longtemps du panorama que la nature nous offrit. Je me souviens que les larmes me vinrent, et que j'eus toutes les peines du monde à les retenir, et même je faillis tomber à genoux devant ce spectacle divin. Sur notre droite, un immense pan parfaitement lisse, vierge de toute végétation, presque vertical et légèrement incurvé qui s'étalait sur des kilomètres. Devant, et à notre gauche, sur notre versant, on ne peut plus majestueux, les sommets immaculés des Annapurnas II et IV, dégoulinants de leurs glaciers bleus qui descendent très bas et luisent au soleil. En face, l'étroite vallée que nous quittions cédait la place à un large plateau d'altitude sur lequel serpentait gentiment notre rivière désormais fort paisible, allant à travers une immense forêt de conifères, et s'attardant ça et là en de petits étangs verts ou turquoises.... Plutôt sympathique, non ? Après deux heures de marche au sein de ce jardin des dieux que nous parcourions joyeusement sous un soleil réconfortant, nous atteignirent Manang. Manang !

Nous avions prévu, pour la journée suivante, de rester tranquillement dans notre auberge, histoire de se reposer un brin et de s'acclimater à l'altitude avant la montée décisive vers le camp de base de la Thorung-La, à 4500m. A 6h30 je fus réveillé par les premiers rayons du soleil qui pénétraient la chambrette, et je secouais immédiatement, et sans scrupule, mon camarade, considérant qu'il avait lui aussi le droit de jouir de cette réconfortante vue matinale... Juste en face de nous, le Gangapurna dressé vers le ciel éblouissait de ses charmes ; l'un deux résidant incontestablement en cet énorme glacier qui s'étalait et descendait entre deux moraines jusqu'au fond de la vallée. Il nous semblait pouvoir presque le toucher...
L'attraction fut si forte que nous en oubliâmes tout à fait notre désir de repos et, après avoir avalé un breakfast en hâte, enfilé nos pompes et nous être armés de nos pièges à images, nous partions à l'assaut de la moraine de gauche...

Le surlendemain, soit au onzième jour de l'aventure, nous étions fin-prêts pour gravir les mille mètres restant jusqu'au sommet de cette petite ballade, la Thorung-La, 5416m. Nous sommes debout avant le lever du jour, et c'est à la faible lueur de ma lampe frontale que nous entamons l'ascension finale. Max souffre un tout petit peu du manque d'oxygène tandis que, curieusement, depuis deux jours, je trouve cette sensation délicieuse, légèrement enivrante et apaisante. Quand le jour se lève, nous constatons qu'une nouvelle fois nous sommes au coeur d'épais nuages.
Pour ce que nous en apercevons, le paysage est lunaire. Plus de trace de végétation. Heureusement, de grands piquets rouges et blancs balisent le sentier, devenu presque invisible. Nous doublons un vieil anglais courageux et son guide qui progressent extrêmement lentement. L'air est de plus en plus glacial, et à un moment la neige se met à tomber. Chacun des piquets bicolores nous laisse croire que le col est juste là, derrière, mais l'ayant atteint nous apercevons alors un autre jalon, cela transforme cette ultime montée en une épreuve très psychologique.
Et, enfin, nous y sommes. J'aperçois le premier le grand panneau rectangulaire qui marque la Thorung-La. Je lâche alors des hurlements de joie, éjecte mes bâtons de marcheur et mon sac à dos pour aller embrasser le panneau au plus vite. Maxime-le-sage ne manque pas de sortir immédiatement de son sac le bouquin d'Alexandra David Neel pour y pêcher la formule magique tibétaine que se doit de prononcer tout pèlerin au passage d'un col et qui signifie, grosso-modo "les dieux sont vainqueurs, les démons ont été vaincus !"
Le coeur plein d'allégresse, nous répétons plusieurs fois ces mots sacrés qui raisonnent et se perdent dans le massif. Puissent les forces mystiques de la nature les avoir captés...

Je vous disais que la montée fut psychologique ; , en y repensant ce fut une partie de plaisir en comparaison de la descente qui nous attendait, nous perdant dans les nuages ou derrière les rochers, apparaissant véritablement comme sans fin. Max a souffert dans la montée, mes nerfs lâchent dans la descente... La neige s'étant changée en pluie, Je suis trempé jusqu'a l'os, mon sac à dos pèse très probablement plusieurs tonnes et les bretelles me scient les épaules. Après une heure et demi de cette épreuve, et le village sacré bouddhiste de Muktinath n'étant toujours pas en vue, je me payais le luxe d'un vrai caprice, m'immobilisant et décrétant à mon ami que je ne ferais pas un pas de plus... Celui-ci, en fin psychologue, décidait de nous ignorer tout bonnement mes gamineries et moi, et poursuivait sa descente de son pas tranquilou. Après 5min de pause, pleurant presque de rage, je me ressaisissais et décidait d'abréger mes souffrances en achevant cette journée au pas de course... Stupide erreur ! Je doublais mon ami et l'attendais une bonne demi-heure à l'entrée de Muktinath, malheureusement mes pieds ne me pardonneront pas ces infantiles excentricités.
Au refuge, en ôtant mes godillots je constatais avec effroi que mes deux chevilles avaient doublé de volume, que d'énormes ampoules avaient fait leur apparition aux talonx, sous la voûte plantaire et entre les orteils. De plus, mes cuisses et mollets étaient complètement courbatures et ne répondaient plus vraiment... Moi qui avait pris la peine, durant les dix jours précédents, de choisir une allure modérée pour ménager nos forces, voilà que j'avais gâché toute cette prudence sur un coup de tête, parce qu'à un moment donné I did lost the control. Une leçon de plus reçue sur l'importance de se contrôler en toutes circonstances, cette fois-ci par voies pédestre et musculaire !

Malgré ces blessures de guerre et notre épuisement, il nous fallait continuer, car bien que le prix de la bouffe redescende comme il était monté, c'est à dire proportionnellement àl'altitude, l'épaisseur du porte-monnaie commun nous laissait craindre des jours de disette dans un futur proche... Il n'était donc pas vraiment possible de faire une pause d'une journée entière, où nous aurions à acheter de quoi manger et boire à une altitude où tout ceci is over-expensive. Il nous fallut encore deux journées pour atteindre Jomosom, tachant d'oublier nos corps endoloris en nous divertissant de quelques plaisanteries de bon goût.
Par exemple, alors que nous traversions une vallée qui ressemblait étrangement au Grand Canyon d'Arizona (que nous avions eu tous deux le loisir de visiter), je déclarais, le plus sérieusement du monde, avoir vu récemment un reportage télévisé montrant le chantier du Grand Canyon creusé au bulldozer pour imiter la vallée de Mustang dans laquelle nous nous trouvions justement. Ah, ah, ah.
Bref... arrivés à Jomosom, nous apprîmes qu'une route praticable en jeep existait, pour une distance équivalente à deux heures de route environ. Le calcul était simple : une heure de jeep en montagne c'est quatre heures de marche, donc deux heures nous faisait gagner une journée entière. Nous décidâmes donc d'emprunter l'un de ces véhicules, estimant que nous n'avions point à rougir de cela après tout ce que nous avions fait, que s'il était possible d'abréger un peu le supplice que nous faisaient subir nos pieds cela était parfait, et qu'enfin cela nous éviterait peut-être une ou deux journées de jeûne forcé pour cause de finances insuffisantes. Bon calcul, isn't it ?

Et ce fut le retour à la jungle... Mais une jungle plutôt atypique, puisque durant les deux jours qui suivirent, le sentier que nous empruntions cheminait à travers un interminable champ de marijuana sauvage... Voir en un même lieu de telles quantités de cette plante était proprement hallucinant, vertigineux, et l'odeur qui se dégageait de cette concentration faisait à elle seule gentiment tourner la tête, c'est vous dire !

Je passe sur le quinzième jour qui n'évoque pas forcement en moi les meilleurs moments de cette marche. Dans le fond de cette vallée, de très nombreux glissements de terrain avaient transformé la route en un véritable jeu de piste, et nous nous perdîmes à maintes reprises (à moins que ce ne fusse aussi à cause de mon étrange cueillette de la veille ? )
Ayant par exemple escaladé les pires escaliers qu'il m'ait été donné de voir dans toute ma vie... puis les avoir redescendus, ceux-ci finissant en cul-de-sac. Et finalement, le soir, nous nous retrouvions là où nous faisions tantôt la pause déjeuner, contraints d'abandonner définitivement l'idée que nous avions d'emprunter une variante au chemin principal qui, peut-être, nous aurait permis d'admirer une dernière fois les sommets enneigés. Mash Allah !

Pour la 17 eme et ultime journée de ce petit périple, la possibilité de monter à nouveau à bord d'un véhicule nous fut offerte, mais quel aurait été le plaisir d'atteindre Beni, le village qui sur toutes les cartes marque la fin du Tour des Annapurnas depuis le plateau d'un vulgaire Land-cruiser ? Definitly, c'est à pieds que nous achèverions cette aventure, et même... Constatant ce matin-la que les deux sacs de bouillie qui me tenaient lieu de pieds avait atteint un volume impressionnant, et qu'il ne m'était absolument plus possible d'enfiler mes chaussures de montagne, je dus me résoudre à marcher en sandalettes, à la manière de tous ces sherpas que nous avions croisés (quand ceux-ci, bien entendu, ne vont pas nu-pieds !), en boitillant et m'aidant d'une canne ! J'eu également l'occasion, ce jour là, de découvrir le plaisir vivifiant d'une douche-massage full natural, sous une cascade qui tombait juste au bord du chemin et à laquelle je ne pus résister...

Toujours est-il que... Nous l'avions fait ! de A a Z, à tour des Annapurnas en pleine mousson, sans aucun regret, trop chouette !!

Bravo à toi Maxime, vieux frère, et à bientôt !


Publié à 22:40, le vendredi 7 septembre 2007, Katmandou
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Commentaire sans titre

18:22, dimanche 23 septembre 2007 .. Publié par Anonymous
Bonjour , je suis toujours épatée par ton blog et tes aventures dont j'aime le récit que tu nous en donnes mais par dessus tout, j'aime tes photos ( et celles de ton copain) particulièrement les portraits du Népal, les gens là-bas ont-ils le sens de l'image ou sont-ils tellement "nature"? Quelle présence! avez-vous le temps de nouer une relation qui expliquerait tant de gentille spontanéité? Mais bien sûr, je salue d'abord votre talent à tous deux.... A bientot la suite de vos aventures. PS Hélène part vivre au Maroc.

Que du courage

00:41, lundi 24 septembre 2007 .. Publié par Anonymous
Que de courage pour arriver si loin, et surtout si haut et pendant la mousson, pour un premier essai!

J'ai entendu dire que l'une des conséquences du manque d'oxygène, c'était aussi le délire ... n'est-ce pas ce délire qui t'as fait courir si vite à la descente ?
Peux-tu, lors d'un prochain écrit donner plus d'info sur ce que l'on ressent à cette hauteur, et justement sur le contrôle de soi que l'on peut - ou plus - avoir?

Audoin mon ami, mon poto !

14:10, mercredi 26 septembre 2007 .. Publié par Max
Je t'avais dit qu'avant je me forcais a ne pas lire ton blog pour me reserver les surprises de ce meme voyage que nous faisions separement, comme je le regrette maintenant ! Loin de nous rapporter la realite comme un vulgaire journaliste, tu l'enrichis et l'embellis de ta verve poetique. En fait j'aurais bien pu le lire puisque ta narration est pour moitie interpretation. Maintenant je n'y manquerais pas.Je t'envoie un dernier salut de notre Kathmandu bien aime que je quitte ce soir ( oui je sais ca fait un bail que je suis la mais j'ai eu quelques petits desagrement du a mon nouveaux visa indien ) Et ou j'ai eu le temps de bruler encore quelques pelochs. D'ailleurs ca te fera plaisir, j'ai revu aziz qui allait a l'ecole et j'en ai profiter pour le prendre en photo. Tu peux voir ca sur le blog. Voila il est presque 5 heures ici et mon bus est dans une heure alors je files, je t'embrasses. A + ma poule.

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en chantier... Désolé !




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